Les Quimpérois (à 63,48 %), les habitants de la circonscription (à 59, 50 %), les Finistériens (à 58,8 %) viennent de choisir le changement et ont voté pour l’alternance.
Une parenthèse se referme dont chacun sait qu’elle fut bien trop longue et pour beaucoup douloureuse. Jamais le pays n’avait été autant brutalisé, bousculé, meurtri par les mots et les choix politiques d’un Président qui n’a pas su s’élever à la hauteur de sa fonction.
La circonscription n’a d’ailleurs pas été épargnée : je pense aux nombreuses suppressions de postes d’enseignants, à la fermeture de services publics, à la progression du chômage…
La victoire n’était pas écrite, il a fallu la construire. Les socialistes ont essayé d’y apporter le meilleur d’eux-mêmes en inventant une nouvelle procédure de désignation de leur candidat.
Ce furent les primaires d’octobre 2011 (4 200 votants à Quimper) et leur succès éclatant dépassant les espérances. Puis vint le temps de l’unité derrière François Hollande, lui permettant de s’adresser d’une voix forte au pays. Puis le moment de la présentation et le chiffrage de son programme cohérent. Et enfin l’engagement de tous les militants dans l’animation de la campagne sur la circonscription. Qu’ils soient ici remerciés : 19 réunions publiques organisées, des centaines de sonnette tirées, des milliers de tracts distribués.
Un candidat solide, un parti uni, un programme robuste, des militants mobilisés, ce furent des atouts mais ils n’étaient pas suffisants. Il aura fallu évidemment le rassemblement de la gauche et des écologistes et même au-delà entre les deux tours.
Que les représentants de JL Mélenchon, d’Eva Joly, de P. Poutou qui ont tous appelé avec leurs mots à voter pour F Hollande ou à battre N. Sarkozy soient aussi remerciés. Que les électeurs du MoDem qui ont fait le même choix que F. Bayrou le soit aussi.
Mais même avec ce soutien, cela ne suffisait pour emporter la décision. Chacun y a apporté sa part, à sa place, avec ses responsabilités et ses arguments.
Partout dans le pays, nous avons été des millions chaque jour au travail, avec nos amis, nos relations, dans nos conversations à plaider pour le changement, à batailler pour convaincre.
De cet engagement personnel, du temps que vous y avez passé, de l’énergie que vous y avez mis, je veux encore vous remercier. Car cette victoire ce n’est pas seulement celle de François Hollande. C’est aussi celle de tous ceux qui ont voulu le changement.
Cette campagne a fait mentir la règle à laquelle nos adversaires se raccrochaient qui voulait qu’en politique, ce qui est prévu n’arrive jamais et que l’imprévu est toujours certain. Il y a dans cette victoire une forme de morale publique : on ne peut pas avoir à ce point agi contre l’intérêt général et être réélu. On ne peut pas à ce point perdre ses repères, courir après l’extrême droite et connaître le succès.
Le succès se mérite et c’est l’honneur de François Hollande de ne jamais avoir dévié de l’axe qu’il s’était fixé dès le début de sa campagne.
Mais le succès ne donne aucun droit, juste des devoirs, et face à la crise économique et sociale, une responsabilité historique.
Dès aujourd’hui, il faut engager le redressement du pays dans la justice. Mais pour cela il faut le 17 juin, une majorité nette à l’Assemblée nationale et chacun comprendra mon appel pour que Quimper y participe de belle manière.