Dans le Journal du Dimanche, Christian Estrosi – jamais en retard d’une démagogie – accuse les maires d’etre responsables de l’insécurité en France.
Ces élus, par-delà leurs sensibilités partisanes, qui se battent au quotidien, selon leurs prérogatives et selon leurs moyens, auprès de nos concitoyens pour garantir le lien social et la tranquillité collective apprécieront d’être rendus fautifs de l’échec patent de Nicolas Sarkozy en la matière alors qu’il est aux responsabilités depuis près de dix ans…
Dans les quartiers populaires et les zones rurales en particulier – où les habitants ont subi de plein fouet les dégâts des suppressions d’effectifs de policiers et de gendarmes décidées par le gouvernement -, la mise en cause des élus locaux pour masquer l’abandon d’État est ressentie comme une provocation insupportable et inacceptable.
M. Estrosi et le gouvernement dont il est membre sont tellement aux abois, faute de résultats et de justice dans leur politique, qu’ils en sont réduits à tout dire et tout médire pour faire oublier la montée des violences contre les personnes et des trafics, mais aussi la hausse des taxes et des tarifs durant l’été, le chômage qui continue d’augmenter et l’affaire Woerth-Bettencourt.
Les maires n’oublieront pas cette agression gouvernementale contre leur action qui s’ajoute aux attaques contre leurs ressources et leurs capacités d’investissement.
Surtout, on aimerait que Christian Estrosi, plutôt que de jouer les cowboys de mauvais westerns pour tenter de devenir ministre de l’Intérieur lors du prochain remaniement en remplacement de son ami Brice Hortefeux, se consacre à 100% à sa mission actuelle : être un ministre de l’industrie digne de ce nom.
Il en est malheureusement très loin, ainsi qu’en témoignent la baisse de la production industrielle en juin et la suppression de 17 000 emplois industriels au deuxième trimestre dans notre pays, après – 29 000 emplois industriels au premier trimestre. Plutôt que de la démagogie en matière de sécurité, on aimerait de la part de M. Estrosi de l’efficacité pour nos PME, nos emplois, nos savoir faire industriels. Autant de sujets sur lesquels son silence et son absence sonnent comme de terribles aveux d’impuissance.