26ème lettre d’information

30 août 2010 | Publié dans Clic !

26ème numéro de ma petite lettre d’information que vous pouvez télécharger en cliquant ici ou recevoir directement en m’envoyant un simple courriel.

Vous y trouverez mes travaux estivaux sur la déchéance de la nationalité et sur la préparation de l’audition de la future membre du conseil Constitutionnel Claire Bazy-Malaurie, rendez vous qui aura lieu demain mardi.

Ensuite je reviens sur deux refus de vote. Le premier sur le port du voile intégral. Un choix peu glorieux dont je me suis déjà expliqué ici. Le second sur une réforme qui touche à l’activité des notaires et des avocats.

Enfin, les réponses à des questions au gouvernement. Notamment sur les discriminations des populations nomades ou les projets en matière de petite enfance.

Hortefeux, un ministre sans cap

18 août 2010 | Publié dans Clash !

Décidément, en matière de sécurité, il ne se passe pas une demi-journée sans nouvelle mauvaise surprise. Après les révélations hier sur les 3500 suppressions de postes dans la Police dans les trois années à venir, le ministre de l’Intérieur a annoncé mardi soir la suppression de la Police de proximité pour la seconde fois, après la première suppression en 2002 par N. Sarkozy lui-même.

On apprenait que les Unités Territoriales de Quartier (UTeQ) seraient supprimées au profit des Brigades Spéciales de Terrain (BST). Reprenant les arguments totalement faux de N. Sarkozy en 2002 sur la police de proximité, B. Hortefeux a expliqué que « ces policiers ne seront pas des agents d’ambiance ou des éducateurs sociaux. Ce ne seront pas des grands frères inopérants en chemisette qui font partie du paysage. Ce seront des fonctionnaires expérimentés qui travaillent dans une tenue d’intervention adaptée à leur mission : l’intervention et la répression des crimes et des délits ».

On reste sans voix devant ces arguments d’une abyssale sottise. Comme si les policiers des UTeQ n’étaient pas des fonctionnaires expérimentés, sur le terrain, chargés de faire respecter l’ordre public.

Surtout, alors que le développement des UTeQ, annoncé à partir de 2008 par N. Sarkozy, était au cœur de la politique de ce gouvernement, on se demande pourquoi subitement elles seraient devenues le symbole d’une Police laxiste et inefficace ? Est-ce un aveu d’échec, ou tout simplement un nouveau tour de passe-passe médiatique, qui consiste, selon la méthode habituelle de N. Sarkozy et de ses amis, à multiplier les annonces pour faire croire qu’ils agissent ?

Ce matin, nouvelle surprise. Le ministre a annoncé que les UTEQ ne seraient finalement pas supprimées, mais qu’elles allaient évoluer. Je voudrais donc demander à ce gouvernement s’il sait où il va. N. Sarkozy supprime la police de proximité puis crée les UTeQ, ensuite lui les supprime pour finalement ne plus les supprimer. Tout ceci traduit une improvisation qui n’est pas compatible avec une politique de sécurité sérieuse et dans la durée.

En outre, même si Brice Hortefeux est probablement fatigué par ses multiples déplacements aussi stériles que nombreux, il faut faire attention aux termes que l’on choisit. La notion de « brigade spéciale » renvoie aux plus sombres périodes de la seconde guerre mondiale. Les « BS » étaient une unité de la police de Pétain spécialisée dans la traque aux « ennemis intérieurs » travaillant en étroite collaboration avec les polices allemandes. Elles ont laissé dans les mémoires de l’époque (y compris parmi les policiers) un souvenir horrifié, à tel point que personne ne voulait plus les rejoindre.

Agression d’Estrosi contre les maires

15 août 2010 | Publié dans Clash !

Dans le Journal du Dimanche, Christian Estrosi – jamais en retard d’une démagogie – accuse les maires d’etre responsables de l’insécurité en France.

Ces élus, par-delà leurs sensibilités partisanes, qui se battent au quotidien, selon leurs prérogatives et selon leurs moyens, auprès de nos concitoyens pour garantir le lien social et la tranquillité collective apprécieront d’être rendus fautifs de l’échec patent de Nicolas Sarkozy en la matière alors qu’il est aux responsabilités depuis près de dix ans…

Dans les quartiers populaires et les zones rurales en particulier – où les habitants ont subi de plein fouet les dégâts des suppressions d’effectifs de policiers et de gendarmes décidées par le gouvernement -, la mise en cause des élus locaux pour masquer l’abandon d’État est ressentie comme une provocation insupportable et inacceptable.

M. Estrosi et le gouvernement dont il est membre sont tellement aux abois, faute de résultats et de justice dans leur politique, qu’ils en sont réduits à tout dire et tout médire pour  faire oublier la montée des violences contre les personnes et des trafics, mais aussi la hausse des taxes et des tarifs durant l’été, le chômage qui continue d’augmenter et l’affaire Woerth-Bettencourt.

Les maires n’oublieront pas cette agression gouvernementale contre leur action qui s’ajoute aux attaques contre leurs ressources et leurs capacités d’investissement.

Surtout, on aimerait que Christian Estrosi, plutôt que de jouer les cowboys de mauvais westerns pour tenter de devenir ministre de l’Intérieur lors du prochain remaniement en remplacement de son ami Brice Hortefeux, se consacre à 100% à sa mission actuelle : être un ministre de l’industrie digne de ce nom.

Il en est malheureusement très loin, ainsi qu’en témoignent la baisse de la production industrielle en juin et la suppression de 17 000 emplois industriels au deuxième trimestre dans notre pays, après – 29 000 emplois industriels au premier trimestre. Plutôt que de la démagogie en matière de sécurité, on aimerait de la part de M. Estrosi de l’efficacité pour nos PME, nos emplois, nos savoir faire industriels. Autant de sujets sur lesquels son silence et son absence sonnent comme de terribles aveux d’impuissance.

Interruption estivale

12 août 2010 | Publié dans Blablabla...

Cette note est la 1557ème depuis le 3 juin 2006 date d’ouverture de ce blog.

Elle va conclure cette année. Je ne sais encore quand je reprendrai la plume, sans doute après l’université de La Rochelle. Peut-être est-ce aussi le moment de rajeunir cet espace ? Après quatre années d’écriture quotidienne, je ressens l’envie de changer. D’autant que les deux années qui s’annoncent promettent d’être difficiles.

Le ton estival de Nicolas Sarkozy n’annonce rien de bon. Certes, je suis convaincu que les Français savent à quoi s’en tenir. Ils ne doutent pas de l’inefficacité de sa politique de sécurité, j’en reçois des témoignages tous les jours grâce à cet outil qui me permet de recevoir des mails personnels. Ils savent parfaitement que dans toutes ses déclinaisons (atteintes aux biens, atteintes à l’intégrité physique, délinquance financière), l’échec est total.

De la même manière, ils ont parfaitement compris que l’offensive sur le droit de la nationalité n’est que de la poudre aux yeux destinée à détourner l’attention de la dégradation de la situation économique et sociale.

Reste que le Président de la République, très fragile dans les sondages, a délibérément choisi de provoquer et de briser le consensus républicain existant sur le droit de la nationalité. Et ceci n’est pas de bon augure. Bonne fin de mois d’août.

Entretien au Télégramme

11 août 2010 | Publié dans Clic !

Nouvelle occasion d’exposer la vision du PS sur ces enjeux de sécurité à travers l’entretien publié ce matin par Le Télégramme et réalisé hier à Quimper par Bruno Salaün.

Vous pouvez le consulter en cliquant ici. Il va de soi que je préfère cette classique procédure consistant à interroger un opposant plutôt que de succomber à l’excès comme vient de le faire « Marianne« . Je ne crois pas que le débat puisse progresser à coup d’insulte car traiter le Chef de l’Etat de « voyou » est bien une injure.

C’est justement parce que le bilan de la majorité est désastreux qu’il faut sans cesse le dénoncer en argumentant.  Se complaire dans des facilités, c’est se priver d’un réel atout. Nous ne convaincrons qu’en étant rigoureux et honnètes.

Pour poursuivre cette revue de presse, je vous propose cet article paru justement sur le site Internet de Marianne qui revient sur la matinale de France Inter d’hier.