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Ce sont les dernières heures d’une campagne électorale qui sont les plus frustrantes.

D’abord parce qu’un candidat se dit toujours qu’il aurait sans doute pu faire plus pour tenter de convaincre. Ensuite, parce que la fatigue pesant, il faut nécessairement faire des priorités pour que les dernières forces soient judicieusement utilisées. Enfin, parce qu’implacablement le temps impose sa loi et qu’inéluctablement approche le terme de ce rendez vous politique.

A Quimper, à Briec, à Fouesnant et Ergué Gabéric ce soir, je connais des candidats qui connaissent sans doute ces sentiments et qui pourtant n’auront rien à se reprocher. Leur campagne est belle. Ils auront donné durant ces semaines le meilleur d’eux mêmes pour chercher à construire le succès de nos idées.

Armelle Huruguen dont la passion et l’engagement pour l’intérêt général est maintenant largement connu et apprécié. Elle aura su, comme toujours depuis sa première élection il y a quelques années en 2001, démontrer que le service des autres n’est jamais un vain mot.  Et le formidable score qu’elle a obtenu dimanche dernier le démontre aisément.

Stéphane Le Bourdon, son « binôme » dans cette élection dans le canton de Quimper 1, a apporté ce regard neuf et généreux d’un jeune élu de Plonéis impliqué de longue date dans les associations cornouaillaise.

Thomas Férec, candidat dans le nouveau canton de Briec-Pleyben dont les limites dépassent celle de la circonscription dont j’ai l’honneur d’être élu, a confirmé les légitimes espoirs que les socialistes placent en lui. Son dynamisme comme sa disponibilité font déjà de lui un élu décisif à Briec, il sera un relai puissant demain au Conseil départemental.

Je ne connaissais pas Hélène Lollier, conseillère municipale à Chateauneuf-du-Faou qui fait équipe avec Thomas et qui n’est pas adhérente du PS. Je l’ai découverte notamment lors d’une réunion publique la semaine prochaine. Sa connaissance du nouveau canton comme ses compétences ont fait d’elle une candidate avisée et ce duo mérite mille fois de continuer durant le mandat qui s’ouvre.

A Fouesnant-Ergué Gabéric, Mohamed « Momo »Rihani et Karen Le Corre sont deux militants expérimentés et furent deux candidats valeureux. Ils ont su incarner la cohérence départementale que portent dans tout le Finistère les représentants de la majorité départementale. Leur engagement comme leur détermination méritent la reconnaissance des urnes.

Enfin, il y a le binôme du canton de Quimper 2, où je vote. Jean-Marc Tanguy et Isabelle Assih sont donc « mes candidats ». Ils sont en campagne non pas depuis des semaines mais des mois. Ils portent l’envie du renouvellement politique et le soin des autres. Ils ont conduits une campagne à l’image de ce qu’ils sont : chaleureux, dévoués, enthousiastes. Leur score du premier tour fut une belle surprise. Celui du second sera une légitime victoire. Et personne ne l’aura autant mérité qu’eux. Je sais qu’ils seront l’un et l’autre deux élus utiles à la Cornouaille et au Finistère.

Chargé par le Premier ministre de mener une réflexion sur une proposition de réactivation dans notre droit du crime d’indignité nationale et de la peine de dégradation civique pour sanctionner les terroristes djihadistes, je lui ai remis une contribution sur ce sujet aussi sensible que complexe. Afin de se forger une conviction, plusieurs professeurs d’histoire du droit et de droit pénal ont été sollicités sur l’intérêt que représenterait aujourd’hui pour notre société le retour à cette forme de « mort civique symbolique».

L’idée même de soustraire à la communauté civique les citoyens qui ont rompu avec les valeurs de la Cité n’est pas si originale : elle a traversé les siècles, et a prospéré à l’occasion de la Révolution, au moment de la Terreur et après la Libération. Consubstantielle à la naissance de la République, cette incrimination est liée à des transitions institutionnelles particulières et a trouvé une justification dans la mise à l’écart de ceux qui ne pouvaient pas prendre part à l’édification du nouveau système politique. La tentation ne peut être que forte et légitime, à la suite des attentats de janvier 2015, de qualifier le terroriste djihadiste en tant qu’indigne.

Or sur le plan de la prévention dissuasive, il y a fort à parier que la crainte d’être frappé de dégradation civique ne détourne pas efficacement les terroristes de la préparation de leurs actes. A rebours même de l’effet recherché, cette nouvelle incrimination pourrait alimenter la « martyrologie djihadiste » et être vécue comme une confirmation glorieuse de la non-appartenance à la communauté nationale, servant la cause terroriste plutôt que la capacité de la République à lutter contre de tels individus.

De plus, la réactivation de l’indignité nationale, qui correspond d’une certaine façon à une laïcisation de l’excommunication serait, indéniablement, pour la République, l’aveu d’un échec.

A l’inverse, si on cherche des références historiques, le terrorisme djihadiste auquel la France est confrontée s’apparente, par bien des aspects, aux actions isolées des terroristes anarchistes de la fin du XIXe siècle. Ses affidés s’attaquaient déjà à des symboles du « système », de l’Etat. Peu organisés et parfois « auto-radicalisés », ils agissaient souvent seuls ou en petit nombre, animés par un fort esprit de vengeance et ne semblant pas craindre la mort, à l’instar des actuels djihadistes. Leurs actions provoquèrent une véritable psychose collective, suscitant une réprobation de l’opinion, de la presse et de la classe politique qui transcenda tous les clivages. Refusant le statut de « martyrs judiciaires » aux anarchistes, les républicains de la IIIème République firent le choix de les traiter, non pas hors de la République ou hors de la nation, mais bien plutôt comme des accusés de droit commun.

Nourri de ces réflexions, j’invite donc à éviter toute tentative de développement d’un « droit pénal de l’ennemi » ou d’un droit pénal d’exception au nom de la lutte contre le terrorisme et le djihadisme. L’arsenal pénal dont nous disposons semble suffisamment étoffé pour réprimer avec une extrême sévérité les terroristes.

La meilleure réponse est de redonner de la force à l’idéal républicain, de réaffirmer la valeur de notre droit en punissant leurs crimes avec les outils de droit pénal commun.

Vous pouvez télécharger la contribution sur l’indignité nationale.

Faire bloc

23 mars 2015 1 Commentaires

Ce premier tour a marqué par son abstention. Elle traduit sans doute, pour beaucoup d’électeurs, une insatisfaction devant l’absence de résultats visibles de la politique voulue par le Président de la République mais probablement aussi par une méconnaissance du rôle quotidien du Conseil Général.

Dimanche prochain, c’est pourtant uniquement sur ce terrain que se mesureront les conséquences du vote. Les Quimpérois le constatent déjà un an après la victoire de l’équipe de Ludovic Jolivet : en dépit des discours faciles, une gestion de droite ne ressemble pas à une gestion par la gauche. En termes de culture ou de service public, les choix sont différents.

On ne peut prôner comme le fait la droite, la réduction ultra-massive de la fonction publique, celle des dépenses de solidarité pour les jeunes comme pour les ainés, et faire croire qu’une telle casse n’aurait aucune conséquence sur la vie quotidienne des Finistériens.

Chacun peut donc mesurer l’enjeu du 2nd tour. Il s’agit de préserver les politiques publiques basées sur la solidarité et l’équité. Il s’agit de poursuivre l’aménagement et l’attractivité de notre département pour un développement économique solide et équilibré. Il s’agit de préparer l’avenir pour et avec la jeunesse. Il s’agit en fait d’une cause d’intérêt général.

Dans tous les cantons, et notamment à Quimper, à Briec, à Fouesnant toutes les formations de gauche doivent faire bloc. Et en appeler à tous les électrices et les électeurs qui se sont abstenus aujourd’hui, à se rendre massivement, oui, massivement, aux urnes dimanche prochain.

Demain dans le Finistère, à qui allez-vous confier la responsabilité de gérer le « bien vieillir », les collèges, les routes, l’agriculture, la culture ? Quelle politique publique préférez-vous pour le logement, les transports, le développement durable de notre territoire ?

Ce sont là les réels enjeux de ces élections départementales. Il ne s’agit en effet ni d’infléchir la politique nationale, ni de décider sur les 35 heures comme le suggère l’UMP. Il ne s’agit ni de sortir de l’euro, ou de traiter de l’immigration comme le préconisent les documents des candidats Front National.

L’enjeu est départemental. Il touche à la solidarité, à la vie quotidienne des Finistériens. Il est donc essentiel.

Voulez-vous que nous retournions en arrière, il y a 17 ans, quand la droite était majoritaire au conseil général et que les choix d’aménagement relevaient de la mise en concurrence des territoires ? Où les cantons ruraux étaient systématiquement mis en opposition à ceux des villes ? Où le président était un cumulard ? Où le clientélisme était la seule grille d’attribution des subventions ?

Ou au contraire, souhaitez-vous la continuité de politiques publiques départementales ? Le maintien de choix politiques audacieux en termes de Solidarité, de développement économique ou de protection de l’environnement ?

J’ai entendu durant la campagne l’expression des insatisfactions sur l’action du gouvernement. A chaque fois, j’ai défendu nos choix car en conscience, je les crois justes. Mais surtout j’ai mis en garde mes interlocuteurs : ne vous trompez pas de colère ! Le vote de demain est un choix sur le quotidien. Le Conseil départemental est la collectivité des solidarités. Et pour beaucoup de Finistériens son action est une condition de survie.

Voilà pourquoi, il faut voter pour les candidats « Finistère et solidaires« .

Votez à Quimper 1 pour Armelle Huruguen (conseillère générale sortante) et Stéphane Le Bourdon (conseiller municipal Plonéis).

Votez à Quimper 2 pour Jean-Marc Tanguy (conseiller municipal de Quimper) et Isabelle Assih,

Votez à Briec pour Hélène Lollier (conseillère municipale Châteauneuf-du-Faou) et Thomas Férec (adjoint au maire de Briec).

Votez à Ergué Gabéric et à Fouesnant pour Karen Le Corre et Mohamed Rihani (conseiller municipal de Fouesnant).

Troisième réunion publique de la semaine en soutien à des candidats socialistes pour ces élections départementales.

Ce sera dans le canton de Plonéour-Lanvern à 20 h, salle du restaurant municipal, place du général de Gaulle avec Liliana Tanguy, conseillère municipale de Comprit, conseillère communautaire du Pays Bigouden Sud et Jean-Louis Caradec, maire de Peumerit et vice-président du Haut Pays Bigouden .

 

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