En campagne au R.A.

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Hier midi, c’était au Restaurant Administratif du centre ville que je distribuais des tracts en compagnie notamment d’Haude Le Guen, candidate de Bretagne Ecologie.

A écouter ceux qui prenaient le temps de la discussion, nos adversaires se leurrent en misant tout sur la sécurité et sur l’appel à la mobilisation des abstentionnistes du 1er tour.

Bien sûr, c’est un grand classique des fins de campagne pour la droite.  Elle sait que le thème sécuritaire est l’un des leviers majeurs de mobilisation de ses sympathisants. Cependant, si elle espère toucher une partie de son électorat, qui avait fait part de son mécontentement en votant FN ou en désertant les urnes, les sondages pour le 2nd tour montre que cette tentative de récupération ne fonctionne pas cette fois-ci.

La raison est assez simple : l’insécurité que craignent surtout les Français, c’est l’insécurité sociale. Tous les débats, toutes les interpellations entendues depuis un mois sont concentrés sur les questions économiques et sociales. Et dans ce domaine, le bilan du gouvernement Fillon est dramatique.

De toutes les classes d’âge, ce sont toujours les jeunes qui sont les plus touchés. Et leur situation se dégrade. Quasiment un jeune sur quatre est désormais au chômage (24 %), le taux atteignant 25,3 % pour les garçons et 22,3 % pour les filles. De même, le taux de chômage des plus de 50 ans augmente aussi, passant de 6,2 % au troisième trimestre à 6,7 % au dernier trimestre de 2009…

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Une réponse à En campagne au R.A.

  1. seb dit :

    « l’insécurité que craignent surtout les Français, c’est l’insécurité sociale. »

    Certes, mais pas seulement.

    Pour avoir interrogé le « coeur de cible » de l’UMP, à savoir les plus de 65 ans, qui ont fait défaut au premier tour, la raison de leur abstention, et plus encore de leur soutien au FN, n’est pas l’insécurité sociale – sinon ils auraient voté pour la « gauche » qui n’est plus aux affaires depuis longtemps, tant au plan national qu’européen (à quand une sortie du PSE ? Et pourquoi pas la formation d’une gauche plurielle au niveau européen. J’entends qu’il est question d’accord pour les présidentielles et les législatives…Mais par ex, personne ne semble être capable de proposer un « plan » pour la nouvelle « stratégie de Lisbonne » qui sera établie dans quelques mois et qui aura une portée significative sur la vie des citoyens européens, ne serait ce que parce qu’elle sera l’alpha et l’oméga de la politique européenne…Donc de 80% de la législation « française ») – mais l’impuissance de sarko à répondre aux problèmes sécuritaires justement.

    Il reste une frange desdites personnes, qui sont encore « aveuglés » parce qu’elles ne regardent que TF1 (à cet égard, tout le monde (dans les maisons de retraite que je viste) à trouver extrêmement choquant la bise de Chazal à la Ministre, et le refus de Ferrari parce que les caméras étaient toujours là : l’info serait elle partiale ?) mais la plupart des personnes que j’ai rencontré, sont maintenant « éveillées » grâce, notamment, à la rubrique « faits divers » qui décrits lesdits problèmes sécuritaires.

    Chose scandaleuse à ce propos : le Gouvernement fait téléphoner ses sbires dans les maisons de retraite en prétextant être les parents (proches) des personnes agées. Ce n’est pas le cas dans toutes les régions apparemment, mais dans la mienne, c’est quotidien. (Témoignages divers et variés des responsables de maisons de retraite sur cette situation)

    Concernant l »insécurité sociale…On voit bien, via l’abstention, que la gauche n’est pas suffisamment crédible sur ce thème, pourtant de prédilection. Il serait donc bien que la gauche, le PS tout au moins, se donne la peine de l’être.

    Et cela ne sera possible que si les patrons actuels des régions…Demandent l’indépendance financière – autrement dit le droit de déterminer des impots sans l’aval du Parlement, mais en continuant à devoir lui rendre compte à ce sujet – car pour l’heure, les régions, comme du reste les autres collectivités, dépendent à 99,9% de l’Etat (via les dotations mais aussi via les impôts « locaux » puisque ces derniers dépendent exclusivement de l’Etat : cf la taxe pro qui n’exige pour être supprimer qu’un vote parlementaire, et même pas une consultation (c’est une obligation politique pas juridique) des collectivités qui se retrouvent dès lors sans ressource), le 0,01% étant les prêts consentis par les sociétés bancaires privées (comme Dexia) qui ne s’avèrent pas nécessairement de bons placements.

    En échange de cette liberté nouvelle, les régions pourraient proposer que les citoyens saisisse la Cour des comptes, qui aurait un pouvoir de sanction à l’égard des régions abusant manifestement de leur droit de dépenser, ceci bien sur après que les cours des comptes régionales aient fait un bilan desdites dépenses, ou en cas de suppression de ces dernières, après un audit réalisé par une association de contribuables locale, reconnue par la région pour son indépendance.

    Tant que les régions continueront à manger dans la main de l’Etat, du fait de leur dépendance totale à la manne publique, puisqu’elles n’ont pas les moyens de s »assurer de la pérennité de leurs ressources propres (en témoigne la taxe pro) ou de son inexistence (alors que tout le monde sait que la taxe pro est un impot stupide, il était impossible aux régions de le supprimer pour un impot moins pénalisant, car la détermination de l’impot est une compétence exclusive du Législateur), il ne sera pas vraiment possible d’être crédible en matière de « sécurité sociale » puisque celle ci est assurée (ou non) par l’Etat, via les dotations, qui peuvent baisser ou monter selon les choix du Législateur, et non par les régions, qui n’ont pas même un droit de regard (juridiquement parlant) sur la question.

    Comme je l’ai déjà dit, sur ce blog, il me semble que demander cette « indépendance » financière est un premier pas. Un autre serait de demander la reconnaissance, par le CC, ainsi que par l’UE, du caractère social de la République, afin d’éviter des directives anti sociale, et de créer au niveau européen une base légale pour harmoniser le droit social vers le haut. Et sur le plan européen, une sortie du PSE, qui est la copie conforme du PPE (pourquoi voter dès lors PPE ? L’original vaut mieux que la copie non ?)) m’apparait vraiment urgente. (Sauf si le PS continu de croire au retour triômphant des 30 Glorieuses et à la mondialisation heureuse)

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