Impasse ivoirienne

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La situation en Côte d’Ivoire illustre les difficultés que rencontre un pays à construire une nation.

Cette dimension est en effet peu développée par les médias mais elle explique pour une grande part l’affrontement entre Gbagbo et Ouattara.

Le premier appartient au groupe ethnique des Bété, et a essentiellement conduit sa campagne dans le sud-ouest, en utilisant un ton nationaliste intransigeant. La base électorale du second est principalement musulmane issue du nord et s’estime victime des politiques de discrimination et de marginalisation persistantes de la part des gouvernements dominés par le sud. Une perception que ressent aussi la tribu de l’ancien président Henri Konan Bédié (candidat du premier tour), les Baoulé, qui se concentre surtout dans les régions centre et est du pays.

Il faut ensuite y ajouter les difficultés à respecter l’état de droit. Ainsi les dernières élections d’octobre 2000 avaient connu de terribles scènes d’émeutes, quand les supporters de Laurent Gbagbo avaient envahi les rues, après l’annonce à la télévision de sa propre victoire par le chef militaire Robert Guéi. Au début de cette année encore, en février, Gbagbo n’avait pas hésité à prononcer la dissolution de la Commission électorale indépendante et du gouvernement au nom du « bien du pays »…

Reste l’impasse à laquelle nous assistons. Avec un Gbagbo qui occupe le palais présidentiel avec le soutien de l’armée mais sans l’appui de la communauté internationale et et Alassane Ouattara qui s’est réfugié dans un hôtel international sous la protection des Nations Unies.

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3 réponses à Impasse ivoirienne

  1. seb dit :

    N’y a t il donc aucun moyen d’agir ? Comment pouvons nous prétendre être la Patrie des Droits de l’Homme (et du Citoyen) et rester inactif ?

    Je ne sais pas si la chose est possible…Mais ne pourrait on pas offrir au nouveau Président (le vrai) Ivoirien…Ce qui fut offert par l’Angleterre à Charles DE GAULLE en son temps ?

    A savoir…La possibilité de construire un Gouvernement et un Parlement ? Bref…Une légitimité reconnue ?

    Si nous ne pouvons pas abattre « l’ennemi » tout de suite…Au moins l’ONU pourrait elle faire pour Ouattara ce qui a été fait pour la France en diverses circonstances !

    Si l’on « isole » suffisamment l’usurpateur…Il y a moyen, je pense, de le « déligitimer » et in fine le Peuple se révoltera contre l’usurpateur.

  2. baillergeau dit :

    Les relations passées de Laurent Gbagbo avec le PS ne devraient pas entrer en ligne de compte et je me demande bien ce que d’actuels ou anciens responsables du PS vont faire en Côte d’Ivoire !

  3. Julian dit :

    Résumer la vie politique ivoirienne à un simple affrontement ethnique me semble court et très décevant…

    Réaction de JJU
    c’est vrai que ce n’est pas le seul critère mais le vote du 1er tour montre néanmoins qu’hormis la capitale les votes sont très régionalisés. A. Outtara est nettement en t$pete dans le nord, l’ancienne zone rebelle. H. Konan Bédié au centre-est et L. Gbagbo dans le sud et l’ouest du pays.
    Pour autant vous avez évidemment raison. Il faudrait remonter à la mort du père de l’indépendance Félix Houphouët-Boigny en décembre 1993 pour dater le début de la grave crise politique et identitaire que traverse encore la Côte d’Ivoire. Cela rappelerait par exemple qu’en 1994 sous couvert de clarification nationale, les autorités ont ouvert la boîte de Pandore de l’ivoirité en modifiant à plusieurs reprises le code électoral et la Constitution pendant le mandat d’Henri Konan Bédié…

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