Mauvais signe
Mercredi 31 octobre 2007 | Publié dans Clash !
Jamais sans doute, un rapporteur budgétaire n’aura vu ses recommandations suivies d’effet aussi rapidement. Jean Launay, député socialiste et « rapporteur spécial de la commission des finances pour les pouvoirs publics » a déposé ses observations sur la mission «Pouvoirs publics – conseil et contrôle de l’Etat » vendredi, elles étaient disponibles avant hier pour les députés et le gouvernement a déposé deux amendements dans la nuit de lundi à mardi !
Le premier visait modifier substantiellement de la dotation de l’Elysée qui passe de 32,29 millions à 100 millions. Toute importante qu’elle paraisse, cette majoration de crédits reste comptable. Il s’agit concrètement d’intégrer dans le budget officiel la Présidence l’ensemble des dépenses qui contribuent à son fonctionnement. Cela comprend les frais de déplacement, actuellement pris en charge par différents ministères comme l’intérieur, l’Outre-mer, les affaires étrangères ou la défense, ainsi que la rémunération de l’ensemble des collaborateurs du Président qui, lorsqu’ils sont issus de la fonction publique de l’État, ne doivent plus être rémunérés par leur administration d’origine.
Je me réjouis de cette clarification car si l’opacité peut susciter la suspicion, la transparence doit pouvoir entrainer l’adhésion des citoyens.
Par contre, le second amendement est plus contestable. Il prévoyait une hausse de 140 % de l’indemnité du Président de la République qui s’envole de 7 700 euros bruts à 19 000. Quel exemple pour nos concitoyens ! N’y a-t-il pas plus grande injustice à réparer ? Y aurait-il une telle compétition entre le Président de la République et son Premier ministre qu’il faille sur-le-champ aligner leurs rémunérations ? Est-ce là une urgence pour la France ?



