Archives mensuelles : octobre 2007

Contre la loi ADN

file_286733_14078.jpgLa bataille contre la loi « Hortefeux » quitte maintenant le parlement pour entrer sur le terrain du droit.

C’est à ce titre que j’ai participé hier à une réunion de calage sur le recours que le groupe socialiste va déposer demain devant le Conseil constitutionnel.

Avec Arnaud Montebourg, Georges Paul-Langevin, Serge Blisko et Manuel Valls et accompagnés de collaborateurs, nous avons évidemment choisi d’insister sur l’art. 5 bis introduisant le test des empreintes génétiques dans le droit des étrangers.

A nos yeux, cet article est entaché d’une violation du droit au regroupement familial et du droit à la vie privée et familiale. Ensuite, il s’en évince une violation du principe d’égalité devant la loi entre les familles biologiques et les autres. De plus, la mesure est manifestement disproportionnée au regard du principe de la dignité humaine. Enfin, cet article méconnaît de façon flagrante le principe de clarté et l’objectif constitutionnel d’accessibilité et d’intelligibilité de la loi, ce qui, en définitive, viole l’art. 34 pour « vice d’incompétence négative » comme disent les constitutionnalistes.

Nous espérons que ces moyens conduiront le Conseil, où siègera pour la première fois Jacques Chirac, à prononcer l’invalidité de l’article ou a minima le videront de son contenu.

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Dire « oui »

europe.pngPour l’Europe, deux ans de sur-place institutionnel s’achèvent. Le traité de Lisbonne enterre le projet de traité constitutionnel de 2005.

La realpolitik de quelques-uns et la culture des « petits pas » et des « ambiguïtés constructives », si propres à Bruxelles, se sont alliées pour donner naissance à un traité nullement simplifié, mais qui n’est pas sans mérite.

Le premier est son réalisme, y compris dans la modestie de son ambition. Il permet à l’« Europe machine » de fonctionner. Il fixe de nouvelles règles pour une Europe à 27.  Sa fonction de « mode d’emploi » est remplie : le nouveau système du vote à la majorité est acquis, le champ de la majorité qualifié est étendu, la règle de composition de la Commission colle mieux aux exigences d’efficacité, les Parlements nationaux se voient reconnaître un « droit de saisine » de la Commission sur certains textes.

Son autre mérite est à chercher dans les dispositions – timides certes, mais réelles – visant à incarner d’avantage l’Europe : un président du Conseil européen élu pour deux ans et demi, et un haut représentant pour la Politique étrangère et la Sécurité devenant vice-président de la Commission.

Mais ces avancées, qui sauvent les meubles et seulement les meubles, sont à mettre en regard de tout ce que ce traité n’apporte pas à l’Europe, c’est-à-dire les réponses aux seules questions qui vaillent : avec qui (question de son identité), pourquoi (question de sa ou de ses missions), et seulement après, comment (question de son organisation) l’Europe doit-elle se constituer ?

Il n’en reste pas moins qu’à mes yeux, le PS doit dire « oui ». Et je suis heureux que des voix commencent à le dire. Pierre Moscovici et Bernard Poignant dans Le Monde de ce jour après Ségolène Royal dans Libération lundi.

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Chasse à l’éléphant

elephant_rose.jpgJe continue à lire les ouvrages qui paraissent sur la dernière présidentielle. Après les critiques de Ségolène cet été, la parole est cet automne à ses avocats. Je viens de finir la plaidoirie de Menucci et j’attends celle de Rebsamen.

Je ne suis pas sûr que les adhérents soient les premiers lecteurs de ces opuscules tant j’entends autour de moi un seul cri : haro sur les éléphants !

C’est une nouvelle fois le refrain à la mode au PS. Au point qu’au moment où notre parti cherche des convergences, je peux vous assurer que la première d’entre elles consiste à leur tomber dessus !

Cette chasse aux proboscidiens comporte un avantage de taille. En organisant la traque, on ne vise personne précisément et on se dédouane en un tour de main. Personne ne sait vraiment ce qu’est un éléphant car personne ne donne de liste.

Mais il est un principe coutumier : à partir du moment où on leur tape dessus, on n’est pas un… Par définition… Et on n’est donc pas responsable de la chienlit. L’éléphant, c’est au final une sorte d’épouvantail facile, un faiseur de bonne conscience à moindre coût.

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Les auteurs battent le pavé

04.jpgParticipation samedi, dans les coursives du Théâtre de Cornouaille, à l’inauguration de l’initiative conduite par l’association « Grains de poivre » : les auteurs battent le pavé.

Créée par Jean Michel Blanc, cette manifestation s’est imposée en deux ans à Quimper. Ni salon du livre, ni festival, le but du week end était de permettre dans une ambiance conviviale, la rencontre, l’échange entre 26 auteurs et leurs lecteurs.

Intervenant brièvement, j’ai dit mon intérêt pour le livre, cet objet qui est, comme disait Stendhal, « un miroir que l’on promène le long d’un chemin ». Quel meilleur reflet, en effet, d’une société que ses livres ?

Au coeur d’un monde désenchanté que le livre a cru, a pu, un temps, réenchanter, l’afflux des informations, des médias, des messages brise le charme. Ma conviction est que plus que jamais, en ces temps incertains, il est l’indispensable compagnon du changement.

Plus que jamais nous avons besoin de lui pour voir clair dans l’océan d’information qui se déverse autour de nous, en flots continus. Oui vraiment, nous avons besoin de son silence…

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Gagner Quimper

49.jpgComme tous les lecteurs d’un des deux quotidiens régionaux, j’ai lu hier la proposition de Marc Andro et d’Armelle Huruguen de proposer un « ticket » aux adhérents du PS :  « si l’un des deux est retenu comme premier des socialistes, il prendra l’autre comme n°2 ».

Cette annonce me permet de donner ma position dans le processus qui s’ouvre au sein des socialistes quimpérois.

1 – Une élection n’est jamais une aventure singulière mais une dynamique où le succès ne peut se construire que dans la conjugaison des talents. Je ne crois ni aux parcours solitaires ni aux destins individuels.

2 – Parmi les leçons de la présidentielle, je retiens notamment que le processus de décision de notre candidate l’a in fine affaiblie car les coups qui furent portés firent mal. Nous avons adopté un calendrier pour préparer l’élection municipale, la presse n’a pas le même, toujours pressée et indifférente aux éclats que peuvent entraîner ses articles. Nous ne sommes pas obligés de nous y plier.

3 – Notre histoire est celle d’une force organisée qui nous dépasse et dont l’utilité est la recherche de l’intérêt général. Un candidat n’est rien sans son parti et ses militants. Pour gagner leur confiance, il faut donc savoir les respecter. Jusqu’au vote qui interviendra le 22 novembre, je ne m’exprimerai donc – sur ce sujet – qu’à l’intérieur de nos réunions.

4 – Il y a plus dur que de gagner Quimper, c’est de gérer la ville et l’agglomération. Aujourd’hui, Alain Gérard est tout sauf un maire exemplaire. Il est sans imagination, sans entrain, sans méthode et sans vision. Il nous faut faire exactement l’inverse et suivre notre logique : le programme, la stratégie dont les alliances puis la tête de liste.

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