Archives mensuelles : juillet 2006

Le corniaud

corniaud.jpgGérard Oury qui vient de mourir, pour moi, cela restera « le Corniaud ». La première collaboration entre Bourvil grande star de l’époque (1964) et un De Funès peu connu que ce film va révéler ! Le premier est Antoine Maréchal, VRP, naïf, idéaliste et néanmoins malin et le second Léopold Saroyan, mafieu manipulateur et cependant au grand cœur.

Le plus beau moment du film, à mes yeux, réside dans la toute dernière scène, lorsque nos deux héros se retrouvent assis à l’arrière de la Cadillac et qu’ils échangent un fou-rire, largement communicatif, de légende (Une des deux scènes du film où les deux sont réunis !). Mais qui peut oublier les autres morceaux d’anthologie comme le numéro de de Funès chez le carrossier napolitain ou la scène sous la douche avec « le grand balèze » ?

Sans oublier les « erreurs » du film ou les maladresses d’Oury. Ainsi, si une chaîne le rediffuse, guettez dans les premières secondes, quand la 2 cv de Maréchal arrive Place du Panthéon, les passants en arrière plan qui se sont arrêtés pour regarder la scène. Ils sont habillés chaudement alors que la scène est censée se dérouler durant l’été… Dans un autre genre, dans cette même scène de la collision, écoutez Saroyan dire à Maréchal : « voici ma carte, mon agent d’assurance vous contactera » et réfléchissez : comment l’agent peut-il contacter Maréchal, puisque c’est ce dernier qui a la carte de Saroyan, et non l’inverse ?

Et si vous êtes très attentif, quand Saroyan donne sa carte à Maréchal, on entend très distinctement Gérard Oury demander le silence aux personnes qui assistent au tournage !!!

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La dame en vert

Tournesol.jpgLe paysage politique chez les Verts m’a toujours fait penser à un tableau de Bruegel, avec autant de courants et de sous-courants politiques que de petits personnages présents sur la toile. Je ne commente donc pas les péripéties de la désignation de Dominique Voynet comme candidate à la présidentielle.

Par contre, en terme de stratégie, la gauche me semble face à un choix. Soit elle assume de construire « le grand parti de la gauche » et cela doit se traduire de la part du PS à des concessions en terme législatif. Nous devrions alors permettre que nos alliés, qui seraient volontairement absents de la présidentielle, soient représentés à l’Assemblée en les soutenant dès le 1er tour. Soit elle privilégie les dynamiques de rassemblement de second tour, et toutes les candidatures sont donc légitimes quelque soit le scrutin. Charge à chaque famille de respecter un code de bonne conduite dans lequel nos seules attaques seraient dirigées vers l’UMP et l’UDF. Dans ce cas, le PS, aurait la responsabilité comme l’écrit Pierre Kanuty  » de convaincre et de séduire, pas de dissuader« .

A le lire, j’avoue que je ne saisis pas totalement la position de François Hollande. D’un coté, il impose des « gels » de circonscriptions par exemple pour le MRC de Chevènement avec les conséquences locales que l’on imagine et que vous pouvez découvrir ici, en espérant son soutien pour notre candidat de 2007. De l’autre, il négocie avec les Verts pour un accord législatif sans demander leur appui pour la présidentielle… ?

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Histoire d’eau

mer.jpg47 ans que je suis breton et je n’ai jamais vraiment fait de bateau. Pas d’inscription dans une école de voile, peu de copains passionnés par ce sport, rares occasions de regarder ma région de la mer. Et puis, hier, à l’invitation d’Alain Queffelec, traversée de la rade de Brest, du Moulin Blanc à Camaret et retour. Banal ? Non ! Une journée de total dépaysement !

La rade c’est en fait un vaste bassin qui s’ouvre sur la mer d’Iroise par un goulet. Une espèce de petite mer intérieure loin des courants que l’on trouve au large de la pointe du Raz par exemple. Bref, un plan d’eau sécurisant quand on l’envisage pour la première fois d’un espace aussi réduit qu’un voilier…

J’ai ainsi découvert une Bretagne que je ne connaissais pas. Ici les chênes peuvent laisser tomber leurs glands dans l’eau de mer, là des bateaux rouillent dans un port comme s’ils reposaient sur l’herbe. Plus loin des vaches broutent sur les toits des blockhaus bétonnés. Et partout des sentiers côtiers, des belvédères naturels ou aménagés. La rade ce n’est donc ni la Bretagne maritime habituelle, ni la campagne traditionnelle telle que l’on peut la rencontrer dans le centre Finistère. Un subtil mariage de mer et de campagne, de rivières et d’abers, de criques et de bassins. Un vrai moment de plaisir. Merci Alain !

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Parlons vrai

bush.jpgA dire vrai, je ne sais s’il faut en rire ou s’en féliciter. Après tout, il est classique de reprocher aux hommes politiques leur langue de bois. Mais alors pourquoi moquer Georges Bush, comme le fait la presse pour ses verts propos tenus lors d’un déjeuner avec Tony Blair hier à St Pétersbourg ?

Le président américain était filmé par la télévision mais ignorait apparemment que ses propos étaient aussi diffusés par des micros ouverts au moment où il parlait. « Ce qu’ils doivent faire, c’est amener la Syrie à faire en sorte que le Hezbollah cesse de semer la merde, et ce sera fini », a-t-il dit sans préciser qui il entendait par « ils« .

Et plus tard, évoquant les autres membres du G8, il a rajouté « Je ne vais pas parler trop longtemps comme les autres. Certains de ces types parlent trop longtemps« . Evidemment que ce n’est pas diplomatique mais est-ce vraiment éloigné de la vérité ?

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Livres de l’Eté (1)

casanova.jpgPremier polar de mon été lu hier dans mon jardin. L’an dernier, j’avais aimé « Le rituel de l’ombre » qui mettait en scène l’affrontement entre nazisme et franc-maçonnerie. Les deux auteurs reviennent avec une seconde enquête qui lève le voile, comme dans la première, sur quelques pratiques des loges maçonniques. Ce n’est pas le moindre intérêt du livre, mais Conjuration Casanova est surtout l’occasion de s’en prendre au phénomène des sectes et de leurs méthodes bien éloignées des valeurs laïques et républicaines de la franc-maçonnerie.

Ce deuxième volume m’a semblé plus maîtrisé que le précédent, plus souple et plus tendu, moins démonstratif dans l’horreur, très efficace grâce à une fin pleine de rebondissements.

L’action démarre sur un fait divers : un grand bûcher humain sur une plage de Sicile, des corps sacrifiés. Suicide collectif ou massacre organisé ? Le héros, un commissaire maçon simple et honnête se met en chasse, remonte jusqu’à un étrange gourou Dyonisos, sous prétexte de promettre jeunesse et vitalité éternelles, a développé son emprise sur de jeunes cadres, des stars vieillissantes, des politiques mollissants. Le charlatan promet l’extase absolue selon la recette qu’aurait laissée Casanova dans des pages restées secrètes de ses mémoires. Marcas va tenter de dénouer le mystère en compagnie de la séduisante Anaïs, jusqu’à Venise bien sûr. Sexe et secte, un mélange très explosif !

Conjuration Casanova, c’est donc un suspens bien ficelé où le mal et l’obscurantisme tombent le masque !

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