Archive pour la catégorie 'Clash !'

Langues à l’Assemblée

Jeudi 8 mai 2008 | Publié dans Clash !

cocorico.jpgLe débat que l’on annonçait « historique » à l’Assemblée, c’est donc tenu hier de 16 h 15 à 19 h 30. Afin de pouvoir attraper mon avion, j’ai été obligé de quitter l’hémicycle à 19 h 10. Je n’ai donc pas pu entendre le discours de conclusion de la ministre de la culture.

Je viens donc simplement de le lire et je ne suis pas surpris. Comme je le craignais, le gouvernement de François Fillon mets ses pas dans ceux de ses prédécesseurs Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin. Et Nicolas Sarkozy continue l’obstruction de Jacques Chirac. Ils ne veulent toujours pas toucher à l’article 2 de la constitution.

Cette obstination est imbécile. Tous les orateurs ont rappelé hier, et notamment Françoise Olivier Coupeau et Marylise Lebranchu (qui parlaient au nom de tous les députés socialistes bretons), que l’unité de la République n’est pas en jeu. C’est même lamentable et un peu triste d’avoir encore à le répéter.

Et pourtant de Stendhal à Aimé Césaire, du rappel de la situation des autres pays à notre histoire, les arguments furent nombreux et convergents ! J’ai même appris que 300 Brestois avaient participé à l’assaut les Tuileries, le 10 août 1792, qui se termina par la disparition de la monarchie, ouvrant ainsi le chemin à la République !

Speedy Sarkozy

Mercredi 7 mai 2008 | Publié dans Clash !

mt-320-mt-static-fckeditor-userfiles-image-070327-sarkozy-070326-sarkozy-tetiere.jpgIl y est donc depuis un an. Comment juger avec un peu de recul l’action de Nicolas Sarkozy depuis son élection ? Impossible me semble-t-il de porter un jugement définitif sur ce président feu follet, qui ne cesse de surprendre, de provoquer, de jongler avec les chiffres et les lettres.

Quelques traits forts sont quand même repérables. D’abord, la rupture dans les méthodes. Rapidité d’exécution et exigence médiatique sont devenues les must de l’action gouvernementale. Mais le système a déjà atteint ses limites, on ne pouvait pas vendre éternellement aux Français l’idée que leur sort s’améliore alors que ce n’est pas le reflet de la réalité.

Deuxième trait : la fin de certains tabous. L’argent, l’effort, la réussite sont glorifiés sans complexes. Pour le moment, il ne va pas jusqu’à prôner la sélection, le règne des entrepreneurs sans foi ni loi mais on voit bien que son monde est fait d’affrontements et de fascination pour les puissants. Je vous invite à ce titre à lire le dernier ouvrage de Didier Hassoux (journaliste au Canard) et Renaud Dely (Marianne) : Sarkozy et l’argent roi.

Enfin, le successeur de Jacques Chirac finit par être encore plus pragmatique que lui. Il ne cesse de démontrer qu’en politique étrangère, il n’a pas de dogmes qu’ils soient « droits de l’hommiste » ou réaliste. Le pic de cette position a été atteint pendant le voyage du colonel Khadafi. Mais, à trop vouloir s’asseoir sur deux chaises, on frise l’élongation et à terme la chute…

Sarko le Petit

Mardi 6 mai 2008 | Publié dans Clash !

sarko.jpgDepuis des mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. […]. Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît, dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là… Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète”.

Cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier… On ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent… Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n’est plus question d’être un grand peuple, d’être un puissant peuple, d’être une nation libre, d’être un foyer lumineux ; la France n’y voit plus clair. Voilà un succès“.

Saisissant de vérité, non ? Portrait du Président évidemment. Mais le nôtre ? Et bien non, ces phrases d’une étonnante actualité furent écrites par Victor Hugo en 1852 et sont extraites de son pamphlet « Napoléon Le petit » consacré à Louis Napoléon Bonaparte.

Hôpitaux menacés

Dimanche 4 mai 2008 | Publié dans Clash !

img_6347-640×480.JPGLe 14 mai à 18 h 15, je participerai à la délégation finistérienne qui rencontrera Roselyne Bachelot.

 

Objet du rendez vous ? Revenir sur la décision d’Antoine Perrin, directeur de l’Agence régionale d’hospitalisation de transférer à Rennes, le service d’allogreffes pédiatriques installé aujourd’hui au CHU de Brest.

 

Hier encore, à Brest, près d’un millier de personnes se sont rassemblées pour marquer leur refus. Au prétexte retenu pour le transfert (faible activité du service et absence de pédiatre oncologue) les intervenants ont opposé une association entre le Finistère et Rennes, dans une addition des compétences plutôt qu’une soustraction comme l’organiserait ce projet de « schéma interrégional d’organisation des soins ».

 

Je ne connais pas le directeur de l’ARH. Je ne doute pas qu’il applique des consignes nationales, mais il paraît aussi évident qu’il gère très mal la situation, voire qu’il provoque la crise par une succession d’initiatives sans avoir réfléchi aux moyens de gérer les problèmes.

 

Entre la fermeture des urgences de nuit à Concarneau (et on parle de celles de Douarnenez et Pont l’Abbé), la fermeture de la maternité et de la chirurgie non programmée à Carhaix, voire demain la restructuration de l’activité de chirurgie à l’hôpital de Morlaix on peut légitimement parler, au moins sur le plan de la méthode, d’une gestion calamiteuse de ces dossiers.

 

Les annonces brutales ont braqué tout le monde et leur cumul donnent le sentiment d’une attaque frontale contre les hôpitaux du Finistère, toutes catégories confondues. Peut-être pas à tord d’ailleurs…