Ce matin, la nation commémorait les victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat Vichyste et rendait hommage aux Justes de France.
Nous n’étions pourtant pas très nombreux à 10 h, place St Mathieu. Il est pourtant indispensable de se rappeler. C’était il y a 70 ans. Le pouvoir de Vichy allait se déshonorer, édictant de sa propre initiative, dès le 3 octobre 1940, le sinistre Statut des Juifs, qui les excluait de presque toutes les fonctions.
Les Juifs de France furent d’autant plus stupéfaits de cet antisémitisme d’État que leur pays est celui qui le premier en Europe, dès 1791, leur avait accordé les droits des citoyens. Ils aimaient leur pays avec passion. Ils s’étaient battus pour lui en 1914 ou en 1939 : soudain la République abdiquait, rendait les armes à Pétain et à Laval, cédait la place à une clique revancharde et haineuse.
Et puis il y aura la honte du premier convoi de déportation, le 27 mars 1942 puis l’ordonnance allemande du 7 juin 1942 et l’ignominie de l’étoile jaune, le crime irréparable du Vel d’Hiv’, les 16 et 17 juillet. C’est ce jour que la République a retenu pour se rappeler de ces ténèbres.
Il est vrai que peu de gens parlent encore de cette période,beaucoup de personnes l’ayant connue disparaissent peu àpeu et les autres en ont honte ,je pense.C’est une période de l’histoire qui devrait être abordée dans les écoles et lycées avec bien plus d’intérêt que çà n’a été fait jusqu’à maintenant.Il ne faut plus revivre çà
Ce qui fut vécu par les français démocrates de ces temps laisse songeur sur ce qui pourrait se produire aujourd’hui si des événements violents se produisaient et pouvaient mettre en cause des « acteurs de couleur ».
Je crois que les personnes qui ne sont pas insensibles à ces problèmes devraient se mettre maintenant en rapport avec les organisations en prise directe avec le sujet:
Amnesty International,
Acat,
Cimade,
Secours Catho et Popu,
Ligue des droits de l’Homme,
etc…
En ouvrant la porte à cette crise aigu de culpabilité, Chirac a ouvert la boîte de Pandore. On sera surpris de voir que Monsieur Urvoas convergence vers l’ancien chef du RPR plutôt que François Mitterrand qui avait fermement rejeté les appels à la repentance car il y voyait à raison des tentatives pour rallumer « la haine ». La réconciliation nationale a eu lieu en 1944. Certains l’ont oublié pour des calculs de basse politique. On ne s’étonnera pas aujourd’hui que chaque communauté attend désormais sa part de victimisation, allant toujours dans le même sens.
Par ailleurs les socialistes seraient bien avisés de demeurer humbles car ce fût une chambre de gauche qui vota les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. L’état français fût d’ailleurs reconnu par l’URSS et les USA avant que les contingences de la guerre ne pousse à une réécriture expresse de la « légitimité » du gouvernement français.
Mais allons jusqu’au bout, Mr Urvoas pourrait aussi disserter sur la Francisque de Mitterrand et ses lettres concernant le Service Ordre Légionnaire dans lequel il regrette un « manque de fanatisme ».
Le problème quand on jette un boomerang, c’est qu’il revient toujours vers l’expéditeur.
@LL dit : 23 juillet 2010 at 06:55
« une chambre de gauche qui vota les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain » aurait pu conduire à un AMGOT humiliant, sans le discours de Bayeux.
La politique de Mollet en Algérie abaissa la gauche de gouvernement au point zéro.
La gauche a ses pages noires de l’histoire, mais continue de porter l’espoir des humiliés.
Mitterrand ?
Il y eu tellement de gens de gauche qui finirent à droite.
Pour une fois, ce fut l’inverse qui se produisit – ça me va !
Je pense que le clivage droite/gauche va changer de paradigme avec la crise écologique.
« Pour une fois, ce fut l’inverse qui se produisit – ça me va ! »
Quand il recevait Ernst Jûnger à l’Élysée, je doute que ce fût en homme de gauche. Mitterrand le politique était trop intelligent pour demeurer à droite, mais trop cultivé pour être de la gauche à laquelle on prétend le rattacher.