Débat sur les Partenariats Public-Privé (PPP) - 02-02-12
LCP La Matinale - Les 500 signatures de parrainage - 02-02-12
Audition Patrick Ollier - application des lois - 01-02-12
- Lettre de janvier 2012
- La proposition de loi sur la violation du secret des affaires
- La proposition de loi relative à la protection de l’identité
- Le projet de loi organique portant application de l’article 68 de la Constitution
Assemblée Nationale
Élus
PS
Sections socialistes
Archives mensuelles : décembre 2008
« Dépôt de nègres »
J’étais hier soir à l’invitation de Bernard Poignant à l’inauguration d’une exposition dans le hall de l’hôtel de ville pour rappeler le 160ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage.
J’ai ainsi appris avec surprise que d’octobre 1777 à janvier 1791, sous le château de Brest existait un « dépôt de nègres » pour regrouper les noirs interdits de séjour en France.
Dans cette société coloniale de l’Ancien Régime, l’opinion publique, encouragée par les autorités civiles et religieuses, était persuadée de la supériorité de l’homme blanc. Le Code noir n’avait-il pas fait des esclaves de simples biens mobiliers, à la totale discrétion de leur propriétaire ?
Comment ne pas alors penser aux images publiées cette semaine sur le centre de rétention de Mayotte. Derrière une grille, des corps entassés de femmes, de mères et de bébés. Derrière une autre grille, d’autres corps, d’hommes, pareillement enchevêtrés….
La République ne peut tolérer cela. Pourtant, déjà en avril dernier, la Commission nationale de déontologie de la sécurité, dans un rapport au vitriol avait stigmatiser ce centre aux « bâtiments vétustes», avec leurs pièces sans lit, leurs « 4 douches et 6 WC communs aux hommes et aux femmes, dans un état pitoyable » !
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La pagaille ?
L’inventeur de la présidence spectacle n’aime pas que l’opposition parlementaire lui fasse de l’ombre. Non content de tout régenter dans l’Etat, le voilà maintenant qui qualifie notre action de « pagaille » et veut nous dicter notre manière de nous comporter.
Je me permets de lui rappeler qu’il n’est pas le président de l’Assemblée nationale et que les députés de l’opposition s’expriment dans le strict respect des règles parlementaires.
Il est normal de consacrer 77 heures de séances pour traiter de l’avenir de l’audiovisuel public et de l’indépendance de la presse. Il est légitime d’alerter l’opinion sur les risques de généralisation du travail du dimanche alors même que ce projet divise le pays, y compris le parti majoritaire.
Ce n’est pas l’opposition qui sème la pagaille. C’est cette frénésie de réformes inutiles, bâclées et bourrées d’injustices. C’est l’incapacité d’écouter tous ceux qui ne pensent pas comme lui.
Des idées, des propositions, les socialistes n’arrêtent pas d’en faire depuis 18 mois au Parlement. Rien que pour parler d’un sujet d’actualité, nous avons déposé une proposition de loi contre les discriminations. N. Sarkozy n’a jamais daigné s’y intéresser.
Alors oui, ne lui en déplaise, l’opposition se fait entendre. Et elle continuera de le faire. Sans lui demander la permission.
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Naissance de l’ORTS
Hier, la droite a donc fini par voter après 80 heures de débat son texte sur l’audiovisuel public. 80 h, cela peut paraître long mais le sujet et la méthode les méritaient.
La méthode tout d’abord. Une fois de plus, le gouvernement nous a imposé l’urgence sur ce texte. Nous y avons vu une forme de mépris du Parlement qui appelait de notre part en réplique le choix de l’obstruction.
Oui, nous revendiquons ce combat parce que c’est la mission que nous ont confiée nos électeurs, celle de nous opposer – avec les moyens démocratiques dont nous disposons – aux projets qui nous paraissent néfastes pour notre pays – et ce texte en fait partie. Nous avons voulu alerter l’opinion et c’est chose faite puisque 75 % de nos concitoyens, selon les sondages, estiment que ce projet est une remise en cause de l’indépendance de la télévision publique.
Le fond enfin. Cette loi a une double fonction : substituer à la télévision publique une télévision d’État strictement soumise au pouvoir sur le plan politique et financier et permettre aux amis du pouvoir, opérateurs de télévisions privées, de capter la totalité de la ressource financière du marché publicitaire.
Le plus grave réside, bien sûr, dans cette incroyable régression démocratique consistant à donner le pouvoir de nomination et de révocation des patrons de l’audiovisuel public au seul Président de la République. C’est pour nous la naissance l’ Office de la Radio Télévision Sarkozienne Aucun autre pays occidental, pas même l’Italie de Berlusconi, n’a envisagé un système aussi féodal, de mise au pas de l’audiovisuel public. Il s’agit d’un bond en arrière de 25 ans !
Cet archaïsme méritait à lui seul que nous menions ce combat déterminé. Il n’est d’ailleurs pas terminé. Dès l’adoption de la loi, nous saisirons le Conseil constitutionnel de cette dérive narcissique et autoritaire du pouvoir présidentiel.
NB: Photo Ouest France, je suis juste au dessus de Jack Lang….
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Sauver les RASED
Voici quelques jours, Alain Miossec, recteur de l’Académie, m’a écrit pour justifier la décision du Gouvernement de « redéployer » dans les classes une partie des enseignants spécialisés des Réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté (RASED).
Je viens de lui répondre, en lui faisant savoir que ses explications ne me paraissaient guère convaincantes. Ainsi, contrairement à ce qu’il avance, les RASED conservent toute leur utilité en dépit de l’instauration d’un soutien scolaire le samedi matin.
Ces deux dispositifs s’adressent en effet à des publics très distincts. Le soutien se révèle pertinent pour des élèves confrontés à une difficulté ponctuelle dans le cadre des programmes scolaires. Les réseaux d’aide, en revanche, s’appliquent à remédier à des troubles plus lourds, structurels, liés par exemple à la mémorisation ou à la conceptualisation. Les enfants qui en sont victimes ne tireront aucun profit tangible d’un simple soutien scolaire inadapté à leur situation.
L’argument selon lequel la suppression pure et simple des RASED ne serait nullement à l’ordre du jour me semble tout aussi indéfendable. Le Finistère, par exemple, est bel et bien voué à voir disparaître les 91 emplois – 43 enseignants à dominante pédagogique, 17 à dominante rééducative, 31 psychologues – qu’y comptaient les réseaux lors de la dernière rentrée.
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Défendre Bréhoulou
J’étais hier avec Nathalie Conan et Gérard Mével à l’AG du lycée agricole de Bréhoulou à Fouesnant. Comme j’en avais pris l’engagement, je viens d’interpeller Michel Barnier, ministre de l’Agriculture. Il n’est pas admissible que ce lycée perde l’an prochain cinq de ses seize classes.
Ce projet paraît d’autant plus incompréhensible que les perspectives d’embauche dans l’agriculture bretonne sont excellentes : 10 000 nouveaux emplois à l’horizon 2010 ! On estime même à 127 000, à l’échelle nationale, le nombre de postes à pourvoir d’ici 2015 dans les métiers de la production.
Du fait de la demande accrue des consommateurs en termes notamment de préoccupations environnementales, ces métiers, qui réclament désormais une haute technicité, exigent un investissement massif en matière d’enseignement et de qualification.
Les propositions relatives au lycée agricole de Fouesnant, loin de s’inscrire dans cette perspective, s’en éloignent au contraire. Elles programment de manière délibérée la précarisation d’un établissement dont l’expérience démontre pourtant l’adaptation des formations aux besoins des employeurs.
Le ministre serait bien inspiré de renoncer à une telle restructuration qui risque de priver les secteurs agricole et aquacole bretons d’une partie de la main-d’œuvre qualifiée dont ils auront besoin pour relever les défis du futur.
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