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Protection de l'identité - motion de rejet préalable - 29-02-12
- Lettre de mars 2012
- Un bilan de la législature
- La proposition de loi relative à la protection de l’identité
- La proposition de loi tendant à faciliter l’organisation des manifestations sportives et culturelles
Assemblée Nationale
Élus
PS
Sections socialistes
Archives mensuelles : octobre 2007
Guy Môquet
Le Président de la République, qui s’est fait une spécialité d’exploiter à toutes les sauces symboliques le moindre évènement a décidé, via une directive publiée au Bulletin officiel de l’Education Nationale du 30 août dernier — que tous les ans, dans tous les lycées aurait lieu le 22 octobre une lecture obligatoire de l’émouvante lettre d’adieu du jeune communiste fusillé par les nazis.
Dans l’esprit de son promoteur, une telle célébration vise à réunir la communauté nationale autour d’un symbole fort, et plus précisément encore à susciter l’admiration de la jeunesse, à laquelle on prétend ainsi offrir, comme l’a écrit le ministre de l’éducation, « un formidable exemple ».
Difficile, a priori, d’y trouver à redire. Et pourtant l’annonce de cette manifestation a déclenché un véritable tollé : au point qu’au lycée de Cornouaille où j’avais initialement accepté de me rendre pour y participer, les professeurs ont décidé de boycotter cette manifestation. Je ne m’y rendrai donc pas.
Mais il faut évidemment s’interroger sur les raisons d’une telle levée de boucliers.
D’abord, sans nul doute, parce qu’il s’agit là d’une injonction du Président de la République. L’autonomie des équipes éducatives est ici balayée, et l’on peut même sans doute dénoncer, à l’instar de l’historien Jean-Pierre Azéma, une entreprise qui, en raison de son dirigisme, confine à bien des égards à une « caporalisation mémorielle » extrêmement préoccupante.
Ensuite parce que la lecture d’une lettre, aussi émouvante soit-elle, peut certes entraîner la compassion ou susciter un sentiment d’identification, mais ne permet pas d’appréhender une époque dans toute sa complexité. En sortant ce document de son contexte, on tend en quelque sorte à réduire la Résistance à la seule perspective du sacrifice. On érige Guy Môquet lui-même en héraut de valeurs – la famille ou la patrie – dont on sait l’usage qu’en ont fait ses tortionnaires. On élague tout ce qui, dans sa vie comme dans son environnement, révèle d’éventuels points de dissension susceptibles de fragiliser la belle unanimité autour de cette construction symbolique censée incarner l’identité nationale : son engagement communiste, la position de son parti jusqu’à l’invasion de l’URSS en 1941, son arrestation par la police de Vichy…
Personnellement, j’avais pourtant décidé, après force hésitations, de participer aux cérémonies du 22 octobre. Non pour cautionner l’événement, mais pour rappeler que la mémoire d’un homme, par essence complexe, ne peut qu’en sortir dépréciée si on la résume à une vertu, fût-elle celle du sacrifice patriotique ; non par conformisme ou paresse intellectuelle, mais pour souligner qu’il appartient seuls aux historiens de dire l’Histoire, – une Histoire que le Pouvoir n’hésite jamais à instrumentaliser s’il y trouve son intérêt ; non par indifférence à l’égard d’un martyr victime de la barbarie, mais pour lui redonner sa place, dans toute son humanité, parmi tous ceux qui, confrontés au déluge de fer et de feu, ont su rester dignes jusqu’à leur dernier souffle. Tous méritent notre admiration.
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3 heures à l’Hermitage
La loi renforçant la protection de la présomption d’innocence et les droits des victimes du 15 juin 2000 a prévu dans son article 129 que » les députés et sénateurs sont autorisés à visiter à tout moment les locaux de garde à vue, les centres de rétention, les zones d’attente et les établissements pénitentiaires« . C’est ce que j’ai fait hier pendant plus de trois heures dans la Maison d’Arrêt de Brest.
La presse du jour relate fidèlement mes impressions. Je n’ai pas un mot à retirer. Mais je veux insister sur la qualité de l’accueil que j’ai reçu de la part de la direction de l’établissement mais aussi de tous ceux surveillants ou personnels techniques que j’ai croisés. J’ai visité tous les endroits que j’ai souhaité, des douches aux parloirs, du quartier disciplinaire aux cours de promenade, des cuisines au greffe.
J’ai aussi pu échanger fugacement avec des détenus. Evidemment les dialogues n’ont pas eu la totale sincérité que peuvent seuls garantir des entretiens en tête à tête mais jamais je n’ai eu le sentiment que l’on cherchait à me cacher quelque chose.
Evidemment je n’ai pas la prétention d’avoir tout compris. Beaucoup de question me sont venues après : âge moyen des détenus ? nombre de cellules (on m’a toujours parlé de « places ») ? comment chaque détenu est-il informé de ses droits ? Quel est le rythme de changement des draps ? Qui surveille le courrier ?
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Grève dans les transports
Aujourd’hui, grève dans les transports publics. Je suis surpris que pas un média ne revienne sur la loi votée en juillet et publiée au Journal officiel le 21 août dernier.
Selon son intitulé, elle devait théoriquement garantir la « continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs ». Ce fameux « service minimum » tant promis par la droite à son électorat devrait donc s’appliquer aujourd’hui !
En réalité, comme nous l’avions dit, mais nous avons été peu entendu, je le confesse, cette loi était une supercherie. Relisez ma note du 18 juillet, j’écrivais alors « la nouvelle loi se contente de viser l’optimisation des moyens disponibles les jours de grève ». Le gouvernement a donc menti sciemment dans le but de flatter l’opinion.
Mais les faits le rattrapent. Et cela ne fait que commencer.
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Grenelle à Brest
Mardi matin, j’étais à Brest pour participer au « Grenelle de l’Environnement » organisé par la préfecture au Parc de Penfeld. J’ai ainsi pu assister – et modestement contribuer – à l’atelier « Construire une démocratie écologique : Institutions et gouvernance ».
Je passe sur l’intitulé baroque « démocratie écologique » qui me paraît relever de l’artifice pour m’attarder sur le contenu des échanges. Il y avait là une vingtaine de personnes qui, pour l’essentiel, représentaient des associations, quelques élus (Kofi Yamgnane, Mona Bras de l’UDB, un adjoint d’une commune du nord Finistère, Daniel Le Bigot), une universitaire et des fonctionnaires de services de l’Etat.
Sous la houlette affable de Michel Balbot, conseiller régional vert, il m’a semblé que nos échanges étaient parfaitement vaseux. Chacun répétait avec conscience son bréviaire, ignorant parfaitement l’intervention précédente comme si l’important résidait dans le fait que le compte rendu puisse retracer la position de l’association X. Aucun véritable dialogue.
Il s’agissait en sus de commenter les propositions faites au plan national, ce qui n’ajoutait pas à la spontanéité. D’autant que les dites idées frisaient – en tout cas à mes yeux – souvent le ridicule. Je ne veux citer que l’idée de créer une « haute autorité indépendante de médiation des conflits sur l’expertise » ou encore « assurer l’essor des institutions et instaurer des mécanismes territoriaux de participation ayant vocation à intégrer le développement durable aux différentes échelles de territoire ».. Lumineux non ?
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Etre Français
Petit retard dans mes post dû au fait qu’à l’Assemblée nous utilisons un logiciel open office et que je le maîtrise mal…
Hier soir, j’ai animé la troisième réunion de la commission nationale de préparation du Forum sur les « socialistes et la nation ». C’était tout simplement passionnant en raison de la qualité du rapport introductif présenté par Philippe Darriulat.
Traitant du thème un peu aride de la souveraineté, il a su avec simplicité et intelligence poser des questions essentielles : le combat de la gauche a toujours été d’élargir l’accès au droit de vote, est-il terminé ? Comment comprendre que les Français plébiscitent les transferts de compétence de l’Etat vers les collectivités locales alors qu’ils semblent les refuser à l’Union Européenne ? Quelle est la place de la mémoire dans la construction du souverain ? La mémoire n’est-elle qu’ une histoire commune ?
Et puis bien sûr toujours en substance, la question centrale : Qu’est-ce qu’être français aujourd’hui ? De fait, reconnaissons-le, nous ne savons pas apporter de réponse à cette question. Nous la sommes-nous posée d’ailleurs, ne préférons-nous pas l’esquiver ? Et pourtant dans le cadre de la Nation que pendant près de deux siècles nos pères ont construit, par leurs actions et leurs combats, les protections sociales et les instruments démocratiques dont le socialisme républicain fut toujours le premier, le plus ardent, le plus pugnace conquérant.
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