Archive pour octobre 2007

Les auteurs battent le pavé

Lundi 22 octobre 2007 | Publié dans Smack !

04.jpgParticipation samedi, dans les coursives du Théâtre de Cornouaille, à l’inauguration de l’initiative conduite par l’association « Grains de poivre » : les auteurs battent le pavé.

Créée par Jean Michel Blanc, cette manifestation s’est imposée en deux ans à Quimper. Ni salon du livre, ni festival, le but du week end était de permettre dans une ambiance conviviale, la rencontre, l’échange entre 26 auteurs et leurs lecteurs.

Intervenant brièvement, j’ai dit mon intérêt pour le livre, cet objet qui est, comme disait Stendhal, « un miroir que l’on promène le long d’un chemin ». Quel meilleur reflet, en effet, d’une société que ses livres ?

Au coeur d’un monde désenchanté que le livre a cru, a pu, un temps, réenchanter, l’afflux des informations, des médias, des messages brise le charme. Ma conviction est que plus que jamais, en ces temps incertains, il est l’indispensable compagnon du changement.

Plus que jamais nous avons besoin de lui pour voir clair dans l’océan d’information qui se déverse autour de nous, en flots continus. Oui vraiment, nous avons besoin de son silence…

Gagner Quimper

Dimanche 21 octobre 2007 | Publié dans Blablabla...

49.jpgComme tous les lecteurs d’un des deux quotidiens régionaux, j’ai lu hier la proposition de Marc Andro et d’Armelle Huruguen de proposer un « ticket » aux adhérents du PS :  « si l’un des deux est retenu comme premier des socialistes, il prendra l’autre comme n°2 ».

Cette annonce me permet de donner ma position dans le processus qui s’ouvre au sein des socialistes quimpérois.

1 – Une élection n’est jamais une aventure singulière mais une dynamique où le succès ne peut se construire que dans la conjugaison des talents. Je ne crois ni aux parcours solitaires ni aux destins individuels.

2 – Parmi les leçons de la présidentielle, je retiens notamment que le processus de décision de notre candidate l’a in fine affaiblie car les coups qui furent portés firent mal. Nous avons adopté un calendrier pour préparer l’élection municipale, la presse n’a pas le même, toujours pressée et indifférente aux éclats que peuvent entraîner ses articles. Nous ne sommes pas obligés de nous y plier.

3 – Notre histoire est celle d’une force organisée qui nous dépasse et dont l’utilité est la recherche de l’intérêt général. Un candidat n’est rien sans son parti et ses militants. Pour gagner leur confiance, il faut donc savoir les respecter. Jusqu’au vote qui interviendra le 22 novembre, je ne m’exprimerai donc – sur ce sujet - qu’à l’intérieur de nos réunions.

4 - Il y a plus dur que de gagner Quimper, c’est de gérer la ville et l’agglomération. Aujourd’hui, Alain Gérard est tout sauf un maire exemplaire. Il est sans imagination, sans entrain, sans méthode et sans vision. Il nous faut faire exactement l’inverse et suivre notre logique : le programme, la stratégie dont les alliances puis la tête de liste.

Guy Môquet

Samedi 20 octobre 2007 | Publié dans Clash !

histoire.jpgLe Président de la République, qui s’est fait une spécialité d’exploiter à toutes les sauces symboliques le moindre évènement a décidé, via une directive publiée au Bulletin officiel de l’Education Nationale du 30 août dernier — que tous les ans, dans tous les lycées aurait lieu le 22 octobre une lecture obligatoire de l’émouvante lettre d’adieu du jeune communiste fusillé par les nazis.

Dans l’esprit de son promoteur, une telle célébration vise à réunir la communauté nationale autour d’un symbole fort, et plus précisément encore à susciter l’admiration de la jeunesse, à laquelle on prétend ainsi offrir, comme l’a écrit le ministre de l’éducation, « un formidable exemple ».

Difficile, a priori, d’y trouver à redire. Et pourtant l’annonce de cette manifestation a déclenché un véritable tollé : au point qu’au lycée de Cornouaille où j’avais initialement accepté de me rendre pour y participer, les professeurs ont décidé de boycotter cette manifestation. Je ne m’y rendrai donc pas.

Mais il faut évidemment s’interroger sur les raisons d’une telle levée de boucliers.

D’abord, sans nul doute, parce qu’il s’agit là d’une injonction du Président de la République. L’autonomie des équipes éducatives est ici balayée, et l’on peut même sans doute dénoncer, à l’instar de l’historien Jean-Pierre Azéma, une entreprise qui, en raison de son dirigisme, confine à bien des égards à une « caporalisation mémorielle » extrêmement préoccupante.

Ensuite parce que la lecture d’une lettre, aussi émouvante soit-elle, peut certes entraîner la compassion ou susciter un sentiment d’identification, mais ne permet pas d’appréhender une époque dans toute sa complexité. En sortant ce document de son contexte, on tend en quelque sorte à réduire la Résistance à la seule perspective du sacrifice. On érige Guy Môquet lui-même en héraut de valeurs – la famille ou la patrie – dont on sait l’usage qu’en ont fait ses tortionnaires. On élague tout ce qui, dans sa vie comme dans son environnement, révèle d’éventuels points de dissension susceptibles de fragiliser la belle unanimité autour de cette construction symbolique censée incarner l’identité nationale : son engagement communiste, la position de son parti jusqu’à l’invasion de l’URSS en 1941, son arrestation par la police de Vichy…

Personnellement, j’avais pourtant décidé, après force hésitations, de participer aux cérémonies du 22 octobre. Non pour cautionner l’événement, mais pour rappeler que la mémoire d’un homme, par essence complexe, ne peut qu’en sortir dépréciée si on la résume à une vertu, fût-elle celle du sacrifice patriotique ; non par conformisme ou paresse intellectuelle, mais pour souligner qu’il appartient seuls aux historiens de dire l’Histoire, – une Histoire que le Pouvoir n’hésite jamais à instrumentaliser s’il y trouve son intérêt ; non par indifférence à l’égard d’un martyr victime de la barbarie, mais pour lui redonner sa place, dans toute son humanité, parmi tous ceux qui, confrontés au déluge de fer et de feu, ont su rester dignes jusqu’à leur dernier souffle. Tous méritent notre admiration.

3 heures à l’Hermitage

Vendredi 19 octobre 2007 | Publié dans Blablabla...

20071018_www000000452_913_1.jpgLa loi renforçant la protection de la présomption d’innocence et les droits des victimes du 15 juin 2000 a prévu dans son article 129 que ” les députés et sénateurs sont autorisés à visiter à tout moment les locaux de garde à vue, les centres de rétention, les zones d’attente et les établissements pénitentiaires“. C’est ce que j’ai fait hier pendant plus de trois heures dans la Maison d’Arrêt de Brest.

La presse du jour relate fidèlement mes impressions. Je n’ai pas un mot à retirer. Mais je veux insister sur la qualité de l’accueil que j’ai reçu de la part de la direction de l’établissement mais aussi de tous ceux surveillants ou personnels techniques que j’ai croisés. J’ai visité tous les endroits que j’ai souhaité, des douches aux parloirs, du quartier disciplinaire aux cours de promenade, des cuisines au greffe.

J’ai aussi pu échanger fugacement avec des détenus. Evidemment les dialogues n’ont pas eu la totale sincérité que peuvent seuls garantir des entretiens en tête à tête mais jamais je n’ai eu le sentiment que l’on cherchait à me cacher quelque chose.

Evidemment je n’ai pas la prétention d’avoir tout compris. Beaucoup de question me sont venues après : âge moyen des détenus ? nombre de cellules (on m’a toujours parlé de « places ») ? comment chaque détenu est-il informé de ses droits ? Quel est le rythme de changement des draps ? Qui surveille le courrier ?