Archive pour octobre 2006

Royal !

Lundi 23 octobre 2006 | Publié dans Smack !

queen-poster-0.jpgA mi-chemin entre la fresque historique et le mélo intimiste, entre le voyeurisme people et la richesse d’un bouquin de droit constitutionnel, The Queen est une analyse brillante et ironique du pouvoir britannique que je conseille – notamment - à tous mes étudiants de Licence 1.

L’ensemble du film ressemble à une docu-fiction de la BBC puisque Stéphen Fears s’attaque avec rigueur à la reconstitution d’un des événements les plus marquants émotionnellement de ces dix dernières années, la mort tragique de la Princesse de Galles.

L’actrice qui joue la reine est tellement fantastique qu’on a du mal à croire que ce n’est pas la véritable Elizabeth qui est à l’écran. On découvre ainsi une femme d’un autre temps, une ombre seule et solitaire qui a appris, depuis sa naissance, à être respectueuse de ses devoirs et obligations. Chez les Windsor, la règle exige de garder «a stiff upper lip» (serrer les dents) dans l’adversité et leur devise «Never explain, never complain» (pas d’explication, pas de plainte) sonne plus comme une marque de savoir-vivre que comme une maxime.

Si le ton est avant tout léger, on rit de bon cœur du décalage des coutumes royales (mais jamais en se moquant), la plus grande réussite du film reste encore et largement la description des relations entre la Reine et son Premier Ministre, Tony Blair. Que ce soit la séquence inaugurale d’investiture d’une drôlerie savoureuse en passant par les échanges téléphoniques brefs mais cinglants entre les deux personnages les plus importants du Royaume-Uni sans oublier cette tirade chargée d’émotion où Blair prend la défense de « sa » Reine.

Java des Jivaros

Dimanche 22 octobre 2006 | Publié dans Clic !

jivaros2.bmpL’UMP de Sarkozy ressemble un peu à cette tribu d’Amérique du Sud popularisée par la littérature d’exploration et les films d’aventure. Les Jivaros étaient réputés pour être de féroces combattants mais ne faisaient pas de prisonniers. Ceux qui étaient pris étaient décapités et leurs têtes réduites pour devenir moins grosses qu’un poing.

Dans le parti majoritaire, le pouvoir appartient au secrétaire départemental. Ce dernier est nommé par le bureau politique sur proposition de Sarkozy après « consultation préalable de l’ensemble des parlementaires du département » nous disent les statuts. On notera au passage, le rôle décisif des adhérents dans cette désignation…

Or, jeudi dernier lors d’un comité départemental, Jacques Le Guen, qui occupait jusqu’alors cette fonction a été débarqué, à l’instigation de son président Christian Ménard (qui lui non plus n’a aucune légitimité directe issue des militants puisqu’il est élu par ledit comité), en raison de son soutien à Dominique de Villepin.

Inutile de chercher un compte rendu de ces débats sur les sites de Jacques Le Guen, de Marcelle Ramonet (secrétaire adjointe) ou de Jean Pierre Rieux (délégué de la circonscription de Brest). La consigne est claire : silence dans les rangs !

C’était ma contribution dominicale à la série « petits meurtres entre amis »….

NB: Le lundi 23 octobre, Allain Le Roux (délégué de la circonscription de Quimper) a publié sur son blog son point de vue… 

Pour Anna

Samedi 21 octobre 2006 | Publié dans Smack ! | Crédits photo : Pierre Merlet

anna1.jpgElle s’appelle Anna. Elle est née à Quimper, il y a un peu plus d’un an le 26 septembre 2005. Elle n’a pas choisi d’y arriver, ses parents non plus d’ailleurs.

Edik, son père, et Bela, sa mère, voulaient aller en Irlande. Dans leur pays, la Géorgie, ils avaient payé un passeur très cher pour cela. Et puis un jour d’août, il les a laissé, sans un sou en poche, ne parlant pas un mot de français, au pied du Frugy, prétextant je ne sais quoi.

Ils se sont retrouvés seuls au monde. Ayant fuit leur ville où ils venaient juste de se marier parce qu’ils s’y sentaient menacés. Edik et Bela sont kurdes et dans la Géorgie, dont le président est volontiers populiste et nationaliste, les kurdes sont l’une des minorités les moins considérées.

Depuis le mois de septembre, ils sont tous les trois hébergés dans un centre de notre ville. Ils ne bénéficient d’aucune autre ressource que l’allocation versée par la CAF pour Anna. Leur demande d’asile politique vient d’être rejetée et ils ont déposé un recours. Dans le cadre de la circulaire Sarkozy, ils n’ont pas pu être naturalisés car Anna est trop jeune pour être scolarisée.

Aujourd’hui, ils sont devenus mes filleuls. Avec Denise Le Bars qui préside le comité “droit d’asile” de Quimper et devant Annie Kerhascoët, maire de Pluguffan qui a organisé cet après midi un parrainage républicain, je me suis engagé à les aider dans leurs démarches et à les protéger. En espérant qu’un jour prochain, ils puissent devenir des Français.

Crise en Israël

Vendredi 20 octobre 2006 | Publié dans Clash !

Katsav.jpgDès l’origine du système politique israélien, la présidence a été conçue comme une institution essentiellement représentative, sans pouvoirs réels.

En effet, le fondateur de l’Etat, David Ben Gourion était peu désireux de confier des prérogatives importantes à celui qui allait devenir le premier Président d’Israël, Haïm Weizmann et avec qui il entretenait de très mauvaises relations.

Aussi, le Nassi (Président en Hébreu, c’est-à-dire l’ancien titre du chef de l’ancien organisme législatif et suprême du peuple juif en terre d’Israël dans les temps anciens) n’a pu exister, depuis 1948, qu’en raison du poids moral des titulaires de la fonction et de leur prestige personnel.

Cela explique en grande partie la crise que traverse Israël, depuis que la police a recommandé que Moshé Katzav soit poursuivi pour viol et harcèlement sexuel. Conservateur, sépharade, à l’expérience ministérielle faible, élu par surprise contre Shimon Pérès, le 31 juillet 2000, il a toujours été un personnage falot que même son camp peinait à reconnaître.

Il lui reste théoriquement quelques mois puisque son mandat se termine en juillet prochain mais sa démission ne sera pas vécue comme une perte pour ce pays qui reste en dépit de ses dérives, une des rares démocraties dans un océan de régimes totalitaires.