Archives mensuelles : octobre 2006

Pour Anna

anna1.jpgElle s’appelle Anna. Elle est née à Quimper, il y a un peu plus d’un an le 26 septembre 2005. Elle n’a pas choisi d’y arriver, ses parents non plus d’ailleurs.

Edik, son père, et Bela, sa mère, voulaient aller en Irlande. Dans leur pays, la Géorgie, ils avaient payé un passeur très cher pour cela. Et puis un jour d’août, il les a laissé, sans un sou en poche, ne parlant pas un mot de français, au pied du Frugy, prétextant je ne sais quoi.

Ils se sont retrouvés seuls au monde. Ayant fuit leur ville où ils venaient juste de se marier parce qu’ils s’y sentaient menacés. Edik et Bela sont kurdes et dans la Géorgie, dont le président est volontiers populiste et nationaliste, les kurdes sont l’une des minorités les moins considérées.

Depuis le mois de septembre, ils sont tous les trois hébergés dans un centre de notre ville. Ils ne bénéficient d’aucune autre ressource que l’allocation versée par la CAF pour Anna. Leur demande d’asile politique vient d’être rejetée et ils ont déposé un recours. Dans le cadre de la circulaire Sarkozy, ils n’ont pas pu être naturalisés car Anna est trop jeune pour être scolarisée.

Aujourd’hui, ils sont devenus mes filleuls. Avec Denise Le Bars qui préside le comité « droit d’asile » de Quimper et devant Annie Kerhascoët, maire de Pluguffan qui a organisé cet après midi un parrainage républicain, je me suis engagé à les aider dans leurs démarches et à les protéger. En espérant qu’un jour prochain, ils puissent devenir des Français.

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Crise en Israël

Katsav.jpgDès l’origine du système politique israélien, la présidence a été conçue comme une institution essentiellement représentative, sans pouvoirs réels.

En effet, le fondateur de l’Etat, David Ben Gourion était peu désireux de confier des prérogatives importantes à celui qui allait devenir le premier Président d’Israël, Haïm Weizmann et avec qui il entretenait de très mauvaises relations.

Aussi, le Nassi (Président en Hébreu, c’est-à-dire l’ancien titre du chef de l’ancien organisme législatif et suprême du peuple juif en terre d’Israël dans les temps anciens) n’a pu exister, depuis 1948, qu’en raison du poids moral des titulaires de la fonction et de leur prestige personnel.

Cela explique en grande partie la crise que traverse Israël, depuis que la police a recommandé que Moshé Katzav soit poursuivi pour viol et harcèlement sexuel. Conservateur, sépharade, à l’expérience ministérielle faible, élu par surprise contre Shimon Pérès, le 31 juillet 2000, il a toujours été un personnage falot que même son camp peinait à reconnaître.

Il lui reste théoriquement quelques mois puisque son mandat se termine en juillet prochain mais sa démission ne sera pas vécue comme une perte pour ce pays qui reste en dépit de ses dérives, une des rares démocraties dans un océan de régimes totalitaires.

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Précarisation de l’empoi

Sans titre1.bmpL’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) vient d’indiquer que 662 000 déclarations d’intention d’embauche en CNE ont été faites depuis août 2005, dont 52 000 en septembre.

Ainsi donc le contrat nouvelle embauche, grand frère du CPE, destiné aux entreprises de moins de 20 salariés et qui permet à l’employeur de se séparer d’un salarié à n’importe quel moment et sans justification pendant les deux premières années fait son trou. Il représenterait désormais 7,5 % du total des intentions d’embauche le mois dernier.

Le tertiaire est le secteur qui y a le plus recours. En termes régionaux, la Loire et la Bretagne sont les régions les plus rétives au dispositif.

Ces chiffres ne disent pas tout. Ainsi il serait intéressant de connaître l’effet de substitution des CNE par rapport aux CDD puisque les première études syndicales indiquent que nombre de CNE sont signés en substitution de CDD de moins de deux ans, ce qui est défavorable aux salariés et sans aucun effet sur l’emploi.

Reste que ce contrat est d’abord caractérisé par une profonde insécurité juridique. Aussi j’espère, comme député l’an prochain,  pouvoir voter la loi qui abrogera ce dispositif comme le PS s’y est engagé. Ainsi nous referons du contrat de travail à durée indéterminée le socle du droit du travail dans notre pays.

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L’autre bataille

debat.jpgUne bataille en cache une autre. Une fois le 1er débat terminé s’est ouverte la phase de son interprétation, rythmée par une seule question « qui a gagné ? ». Pour une fois, les indices semblent concordants.

Hier mercredi, de nombreux quotidiens concluaient au « jeu égal » entre les trois prétendants à l’investiture PS. Seul Le Parisien, qui avait fait voter ses 12 journalistes politiques, donnait un avantage à Dominique Strauss-Kahn.

Et aujourd’hui, changement de décor. Selon une enquête publiée par le Figaro, DSK semble avoir mieux que les autres réussi l’exercice. Sur le blog de Loïc le Meur, il arrive aussi nettement en tête avec 64.3 % des 583 votes devant 24,88% pour Ségolène Royal et 10,66 % pour Laurent Fabius. Sur le site de LCI à la question « Qui vous a le plus convaincu mardi soir ? » 54 % des 1515 votants répondent Dominique Strauss-Kahn, 29 % Ségolène Royal et 17 % Laurent Fabius. Même conclusion sur le site du Monde (278 réponses) et sur celui du journal gratuit Métro qui demandait « Selon vous qui a été le meilleur du débat télévisé ? » (Laurent Fabius : 16%, Ségolène Royal : 31%, Dominique Strauss-Kahn : 53%).

Je veux voir dans ces jugements convergents, comme l’écrit Challenges, l’heureuse sanction du retour de Strauss-Kahn à sa véritable nature : la social-démocratie.

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E pericoloso sporgersi

rails2.jpgDès les premières minutes, il était clair que les rails existaient et que les trains ne risquaient pas de s’en écarter.

Et de fait, il n’y eut aucune embardée, aucune sortie de voie. Durant deux heures, les trois convois ont cheminé côte à côte, sans risque de carambolage.

Les cheminots aux commandes qui connaissaient leur trajet ont conduit avec une vitesse de progression lente, prenant le temps de s’arrêter aux stations attendues : l’ordre juste pour l’une, la social-démocratie pour l’autre, le pouvoir d’achat pour le dernier.

Evitant avec constance les flancs escarpés des montagnes, négligeant les fortes pentes et traversant finement les tunnels, ils surent engager autant que de besoin les roues dentelées pour arracher leur machine et atteindre leur faîte : incarner la France des territoires, la France du futur et la France du quotidien.

Au total, les passagers parvinrent sans difficulté au terminus et purent quitter la rame sans inquiétude, rassérénés par la courtoisie du personnel et disponibles pour un prochain trajet.

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