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- Lettre de janvier 2012
- La proposition de loi sur la violation du secret des affaires
- La proposition de loi relative à la protection de l’identité
- Le projet de loi organique portant application de l’article 68 de la Constitution
Assemblée Nationale
Élus
PS
Sections socialistes
Archives mensuelles : octobre 2006
Echantillon représentatif
Dans les sociétés anciennes, on ne partait jamais en guerre sans consulter mages et devins, chargés de lire les desseins du ciel dans les nuées ou les entrailles des animaux. Nous en sommes toujours là aujourd’hui. Simplement nous le faisons maintenant à coup de sondages.
C’est une vieille habitude française. La première tentative de sondage à grande échelle remonte à Louis XV. En 1745, il avait fait courir le bruit de la levée d’une future milice de deux hommes par paroisse. En lui-même le fait de propager cette rumeur n’était pas un fait remarquable mais ce qui était novateur, c’était sa consigne faite aux intendants de recueillir ce que disaient les habitants…
Evidemment, de nos jours, le système s’est perfectionné et semble scientifique. Imaginez-vous devant une grande soupière, vous voulez savoir si la soupe est suffisamment chaude. Vous n’avez pas besoin d’avaler la moitié du contenu pour vous faire une opinion, une ou deux cuillerées suffisent, à condition que la soupe soit mélangée !
C’est cela la méthode des sondages : interroger un groupe de personnes dont les caractéristiques sont les plus proches possibles de celles de la population étudiée. En l’espèce, pour les primaires du PS, c’est là que le bât blesse.
Prenez le sondage d’IPSOS publié aujourd’hui par Le Point « réalisé auprès d’un échantillon de 503 sympathisants du PS issus d’un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus comprenant 1875 personnes ». Si l’on considère que cela correspond à environ 6 millions d’électeurs pour 180 000 adhérents, les militants représentent 3 %, soit dans cet échantillon seulement 16 personnes qui vont vraiment voter le 16 novembre.
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Guerre des étoiles épisode 2
L’opinion est une réalité mouvante jusqu’au moment décisif où les électeurs décident sur quoi ils vont voter et donc pour qui.
Hier, j’ai trouvé Laurent Fabius offensif. Il mise sur la polarisation des opinions et donc ne braconne pas sur les terres de l’adversaire, ne cherche pas à additionner les positions populaires sur des sujets secondaires. Mais quelles que soient la rigueur de son raisonnement et la profondeur de sa conviction qui justifient son positionnement actuel, il est en parfaite dissonance avec ce que l’opinion croit savoir de lui, de son tempérament et de ses valeurs.
Ségolène Royal m’a semblé défensive. Convaincue que l’opinion recherche un cadre moral pour la société, elle choisit des mots qui fonctionnent comme un stimulus politique puissant. Son insistance sur les valeurs d’autorité est, à mes yeux, risquée. Elle lui permet d’intéresser des catégories nullement acquises à la gauche du gouvernement, ce qui indique qu’elle est indéniablement en phase avec une des grandes tendances de notre pays, ce choix pourrait placer notre campagne sur un terrain qui serait structurellement défavorable à la gauche.
Enfin, Dominique Strauss-Kahn est apparu constructif. Il pense que les Français enverront à l’Elysée moins une ambition qu’une compétence. Dès lors, il articule son propos sur l’égalité réelle lui permettant de recentrer ses propositions sur le domaine social en délaissant son terrain d’excellence : l’expertise économique.
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Islam
En cette fin du ramadan, alors que de récentes clameurs belliqueuses se sont tues, on rêve sur un ton d’amitié disputeuse et sans concession, de rappeler à ces fanatiques, l’islam d’Averroès et d’Avicenne, tenants obstinés et parfois héroïques de la douceur, de la rationalité des Lumières.
Pourquoi taire l’islam des libres-penseurs mutazilites du VIIIe siècle, celui qui fut, pendant des siècles, le vecteur de la pénétration des textes grecs en terre judéochrétienne. Un islam qui alors n’était pas fermé, tant s’en faut, aux enseignements de la raison : on pense alors à Grenade, à Cordoue, au Siècle d’or espagnol, etc.
Se rendent-ils compte du mal qu’ils font en organisant ces levées de boucliers, ce hurlement de rage planétaire ? Comment pourrait-on tolérer ce terrorisme de l’esprit, qui voudrait interdire à un non-musulman le moindre commentaire sur l’islam ?
Comment accepter que le fait de donner son avis sur tel ou tel point de doctrine du Coran, fasse crier à l’offense et au blasphème ? S’interroger sur une religion est-ce nécessairement un crachat à la face du Prophète ?
A mes yeux, une bonne connaissance générale des religions pourrait même, de plus en plus, s’avérer indispensable à l’exercice de la citoyenneté démocratique. Car une religion n’est pas seulement une conviction, c’est aussi une philosophie et, en raison de sa dimension collective, un fait social.
Militant de la laïcité, convaincu que cette dernière n’est ni une croyance de plus, ni une religion de l’incroyance, je me refuse à ignorer les religions. C’est par le dialogue sans concessions, mais sans procès d’intentions, que se trouveront les solutions permettant le « vivre ensemble ».
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Royal !
A mi-chemin entre la fresque historique et le mélo intimiste, entre le voyeurisme people et la richesse d’un bouquin de droit constitutionnel, The Queen est une analyse brillante et ironique du pouvoir britannique que je conseille – notamment – à tous mes étudiants de Licence 1.
L’ensemble du film ressemble à une docu-fiction de la BBC puisque Stéphen Fears s’attaque avec rigueur à la reconstitution d’un des événements les plus marquants émotionnellement de ces dix dernières années, la mort tragique de la Princesse de Galles.
L’actrice qui joue la reine est tellement fantastique qu’on a du mal à croire que ce n’est pas la véritable Elizabeth qui est à l’écran. On découvre ainsi une femme d’un autre temps, une ombre seule et solitaire qui a appris, depuis sa naissance, à être respectueuse de ses devoirs et obligations. Chez les Windsor, la règle exige de garder «a stiff upper lip» (serrer les dents) dans l’adversité et leur devise «Never explain, never complain» (pas d’explication, pas de plainte) sonne plus comme une marque de savoir-vivre que comme une maxime.
Si le ton est avant tout léger, on rit de bon cœur du décalage des coutumes royales (mais jamais en se moquant), la plus grande réussite du film reste encore et largement la description des relations entre la Reine et son Premier Ministre, Tony Blair. Que ce soit la séquence inaugurale d’investiture d’une drôlerie savoureuse en passant par les échanges téléphoniques brefs mais cinglants entre les deux personnages les plus importants du Royaume-Uni sans oublier cette tirade chargée d’émotion où Blair prend la défense de « sa » Reine.
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Java des Jivaros
L’UMP de Sarkozy ressemble un peu à cette tribu d’Amérique du Sud popularisée par la littérature d’exploration et les films d’aventure. Les Jivaros étaient réputés pour être de féroces combattants mais ne faisaient pas de prisonniers. Ceux qui étaient pris étaient décapités et leurs têtes réduites pour devenir moins grosses qu’un poing.
Dans le parti majoritaire, le pouvoir appartient au secrétaire départemental. Ce dernier est nommé par le bureau politique sur proposition de Sarkozy après « consultation préalable de l’ensemble des parlementaires du département » nous disent les statuts. On notera au passage, le rôle décisif des adhérents dans cette désignation…
Or, jeudi dernier lors d’un comité départemental, Jacques Le Guen, qui occupait jusqu’alors cette fonction a été débarqué, à l’instigation de son président Christian Ménard (qui lui non plus n’a aucune légitimité directe issue des militants puisqu’il est élu par ledit comité), en raison de son soutien à Dominique de Villepin.
Inutile de chercher un compte rendu de ces débats sur les sites de Jacques Le Guen, de Marcelle Ramonet (secrétaire adjointe) ou de Jean Pierre Rieux (délégué de la circonscription de Brest). La consigne est claire : silence dans les rangs !
C’était ma contribution dominicale à la série « petits meurtres entre amis »….
NB: Le lundi 23 octobre, Allain Le Roux (délégué de la circonscription de Quimper) a publié sur son blog son point de vue…
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