Comme tous les élus socialistes, j’ai reçu hier un courrier signé de François Hollande et de Claudy Lebreton, le Président de notre fédération des élus. L’objet est simple : garder notre signature l’an prochain pour notre candidat ou candidate (!).
En effet, pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, il faut pouvoir se prévaloir de 500 signatures issues de 30 départements différents. Au total, nous sommes 47 300 élus à détenir ce sésame dont 36 745 maires, 4 218 conseillers généraux, 1 722 conseillers régionaux, 577 députés, 331 sénateurs et depuis une loi organique du 5 février 2001, 78 députés européens et 1 945 présidents des communautés urbaines, d’agglomération et de communes,…
En 2002, 17 815 présentations avaient été validées permettant à 16 candidats de participer à la campagne. Et sur ces impétrants, au premier tour 9 n’ont pas obtenu 5 % des suffrages et 5 n’ont même pas réuni 3 % des votes ! Comme l’a dit Pierre Mazeaud, Président du Conseil Constitutionnel, le 3 janvier 2006, « l’élection présidentielle sert à désigner le Chef de l’État. C’est considérable. Ne lui demandons pas en plus de permettre un sondage en vraie grandeur des différentes sensibilités du paysage politique national. »
Que les socialistes parrainent le candidat issu de leurs rangs me semble donc logique. D’autant que, même si nous avons beaucoup d’élus, nous sommes loin d’être hégémoniques. Ainsi à titre d’exemple sur les 1 722 élus régionaux seuls 395 sont au PS !
Il apparaît en effet logique que les élus locaux qui tiennent leurs mandats du PS parrainent le candidat issu de ses rangs, on peut même se demander pourquoi ce ne fut pas le cas en 2002, surtout qu’une fois la défaite consommée la direction du PS a fait des « petits candidats » les boucs-émissaires alors qu’elle avait laissé des élus socialistes accorder leurs signatures à Besancenot et co…
On peut aussi se demander pourquoi les partenaires du PS se sentent obliger de durcir le ton aujourd’hui. N’aurait-il pas été plus productif d’entamer de longues dates des négociations programmatiques avec les Verts, le PRG et le PC afin d’envisager un accord de gouvernement et une juste répartition des mandats et postes. Au lieu de cela, Hollande et Vaillant se sont désintéressés des autres partis de gauche, négligeant la valeur ajoutée en terme électoral et propositionnel qu’ils pouvaient nous apporter. Hollande peut toujours bomber le torse comme une maître-nageur fier à bras, s’il y a multiplication des candidatures il en sera le seul responsable pour avoir préféré le repli à l’ouverture du parti sur l’extérieur.